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Donald Trump relance l’idée d’un 51e État après la victoire du Venezuela au baseball

18 March 2026
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Il n'a fallu qu'un seul mot au président américain pour réagir à la défaite sportive hier soir des États-Unis. Quelques minutes après le sacre historique du Venezuela (3-2) en finale du Classique mondial de baseball, le mardi 17 mars, Donald Trump a publié un message laconique en lettres capitales sur son réseau Truth Social : " ÉTAT !!! ". Une sortie médiatique qui lie intimement l'exploit sportif à une actualité géopolitique explosive.

L'exclamation présidentielle est loin d'être une simple réaction à chaud. Elle s'inscrit dans une rhétorique préparée et assumée. Dès le lundi 16 mars, dans la foulée de la victoire vénézuélienne contre l'Italie en demi-finale, le locataire de la Maison-Blanche avait déjà planté le décor. Feignant de s'interroger sur “le secret “de la réussite de cette équipe, il avait explicitement tâté le terrain en publiant : "ÉTAT N° 51, quelqu'un ?". Si sur le terrain, l'équipe américaine a dû s'incliner face à l'opportunisme d'Eugenio Suárez en neuvième manche, l'administration américaine joue, elle, une tout autre partie en coulisses.

L'ombre de l'intervention de janvier

Cette récupération politique intervient seulement deux mois et demi après une offensive américaine sans précédent. En début d'année, Donald Trump ordonnait une opération militaire aboutissant à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Transférés et inculpés pour trafic de stupéfiants par la justice fédérale à Manhattan, faits pour lesquels ils ont plaidé non coupables, les dirigeants déchus ont laissé la place à la vice-présidente Delcy Rodríguez. Une transition validée sans fard par Washington. Donald Trump a publiquement félicité la nouvelle dirigeante pour avoir garanti le maintien de la production pétrolière, nerf de la guerre de cette intervention.

Une diplomatie de l'or noir controversée

Car derrière l'ironie d'un potentiel "51e État" , l'enjeu reste le contrôle des ressources. Dans ce contexte de mise au pas diplomatique et économique, la victoire arrachée par les joueurs vénézuéliens sur le sol de Miami résonne comme un paradoxe frappant : la nation à la fois caribéenne et sud-américaine triomphe sportivement, pendant que son destin politique et économique se monnaie dans les salons de Washington.

Au niveau sportif : L'exploit d'un collectif face à l'armada américaine

Le Venezuela a écrit la plus belle page de son histoire sportive en remportant hier soir le premier Classique mondial de baseball de son histoire. À Miami, dans un stade vibrant aux couleurs vénézuéliennes, l'équipe a fait chuter les États-Unis, grands favoris de la compétition, sur le score serré de 3 à 2. L'affiche opposait la cohésion vénézuélienne à une sélection américaine composée des plus grandes vedettes de la discipline. Dès le début de la rencontre, la stratégie du Venezuela a étouffé l'attaque adverse. Faisant preuve d'une rigueur défensive implacable, les Vénézuéliens ont empêché les stars américaines de développer leur jeu habituel et ont pris les devants à la moitié du match. Alors que les États-Unis semblaient paralysés, un sursaut d'orgueil leur a permis d'égaliser en toute fin de rencontre, relançant totalement le suspense. Mais au lieu de s'effondrer, le Venezuela a fait preuve d'une résilience exceptionnelle. Dans les ultimes instants de la partie, une dernière offensive parfaitement exécutée a permis aux Vénézuéliens d'arracher le point de la victoire.

Ce sacre vient couronner un parcours quasi sans faute. Avec un bilan final de six victoires pour une seule défaite, concédée lors de la phase de poules face à la République dominicaine, le Venezuela valide un parcours d'une rare cohérence technique et mentale. Les victoires probantes contre le Japon (8-5) en quart de finale, puis l'Italie (4-2) en demi-finale le 15 mars dernier, soulignaient déjà la supériorité de ce collectif soudé. Pour les États-Unis, la pilule est amère. Cette deuxième défaite consécutive en finale après la désillusion face au Japon (2-3) en 2023 met en lumière les limites structurelles d'un modèle. Malgré un vivier de talents individuels sans équivalent, l'équipe américaine a péché par son incapacité à produire du jeu dans les moments critiques, confirmant qu'au baseball, la somme des individualités ne surpasse pas toujours la force d'un collectif en pleine confiance.