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Cocaïne : 13 tonnes saisies à Dunkerque, les Antilles au cœur des routes du trafic mondial

18 March 2026
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Treize tonnes ont été interceptées en février dans le port de Dunkerque, réparties en trois opérations successives. Un record qui met en lumière l'évolution des routes du narcotrafic et le rôle stratégique des Antilles dans ce commerce illicite.

C'est une série de coups de filet qui a marqué les esprits. En l'espace de dix jours, les autorités françaises ont annoncé la saisie de 1,9 tonne, 8,4 tonnes puis 2,8 tonnes de cocaïne dans le port de Dunkerque. Au total, 13 tonnes de poudre blanche ont été retirées du circuit, un niveau inédit en France hexagonale. Le port nordiste n'en est pas à son premier fait d'arme. En mars 2025, près de 10 tonnes y avaient déjà été interceptées dans un conteneur. Une répétition qui confirme une mutation des routes maritimes : les trafiquants diversifient leurs points d'entrée, délaissant parfois les grands ports historiques pour des infrastructures moins surveillées.

Derrière ces saisies, des méthodes de dissimulation de plus en plus sophistiquées. Les cargaisons voyageant dans des conteneurs de fret maritime, mêlées à des marchandises légales, exigent désormais des douaniers une vigilance de tous les instants.

Les Antilles, plateforme stratégique entre deux continents

Mais la France hexagonale n'est qu'un maillon de la chaîne. En amont, les territoires ultramarins et notamment les Antilles, jouent un rôle central dans le transit de la cocaïne. Positionnés entre l'Amérique du Sud, principale zone de production, et les marchés européens et nord-américains, la Guadeloupe et la Martinique sont devenues des plaques tournantes.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

- 2006 : 4,3 tonnes de cocaïne saisies au large de la Martinique, un volume déjà considérable à l'époque.

- 2024 : plus de 10 tonnes interceptées au large de la Martinique.

- 2024 également : 2,7 tonnes saisies au Havre dans un conteneur en provenance de Guadeloupe.

- Octobre 2025 : plus de 7 tonnes découvertes sur un navire de pêche dans la région antillaise.

Ces saisies successives confirment que les Antilles ne sont plus seulement une zone de transit, mais aussi un point d'ancrage logistique pour les réseaux criminels.

Le Pacifique n'est pas épargné

Plus récemment, en janvier 2026, la Marine nationale a intercepté 4,87 tonnes de cocaïne dans la zone maritime polynésienne. Une preuve que les routes du trafic s'étendent désormais jusqu'au Pacifique, avec des cargaisons destinées notamment au marché australien.

Une pression sécuritaire grandissante

Pour les territoires antillais, cette situation représente un défi majeur. L'intensification du trafic s'accompagne de risques accrus : développement de réseaux locaux, violences liées aux trafics, saturation des moyens de contrôle. Les autorités locales doivent faire face à une criminalité qui s'adapte et se renforce. Depuis 2006, les quantités saisies n'ont cessé d'augmenter. Si les premières années voyaient des tonnes saisies, les dernières ont vu les chiffres exploser, dépassant régulièrement la barre des 10 tonnes. Une évolution qui reflète à la fois une meilleure efficacité des services de l'État, mais aussi une montée en puissance des organisations criminelles.

Les Antilles au cœur de l'enjeu

Dans ce contexte, les Antilles apparaissent plus que jamais comme un maillon central du narcotrafic mondial. Entre zone de transit et point d'ancrage logistique, elles sont au cœur d'un enjeu stratégique pour les autorités françaises dans la lutte contre la drogue. La saisie record de Dunkerque en février 2026 le rappelle avec force : la guerre contre le trafic de cocaïne se joue sur tous les fronts, des ports hexagonaux aux eaux territoriales ultramarines. Et les Antilles, par leur position géographique, sont en première ligne.