Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse... Le suspense est de mise dans la quasi-totalité des grandes villes de France au second tour dimanche des élections municipales, marquées par la poussée de La France insoumise et du Rassemblement national à un an de la présidentielle.
Les électeurs de plus de 1.500 communes (les seules où le premier tour n'a pas suffi à départager les candidats) sont appelés aux urnes à partir de 08H00. Dans la plupart des cas, ils auront jusqu'à 18H00 pour se mobiliser, les bureaux de vote fermant à 19H00 ou 20H00 dans certaines grandes villes.
Décalage horaire oblige, les Français de plusieurs départements ou territoires d'outre-mer ont déjà commencé à voter, comme à La Réunion ou en Nouvelle-Calédonie.
Les résultats sont attendus à partir de 20H00, mais la soirée électorale pourrait finir bien plus tard, là où les premières estimations des instituts de sondage n'auront pas identifié de vainqueur avec certitude.
Rarement, en effet, des élections municipales se seront révélées aussi incertaines en France, après une période d'entre-deux-tours marquée par la conclusion de nombreuses alliances, parfois inattendues, et par plusieurs désistements notoires.
Triangulaire parisienne
Si la plupart des maires ruraux ont déjà été élus au premier tour, toutes les grandes villes du pays retiennent leur souffle avant le second tour, à quelques exceptions près comme Perpignan, gagnée au premier tour par le sortant Louis Aliot (Rassemblement national).
La capitale parisienne en est le symbole le plus fort, avec un duel très serré entre la candidate de droite Rachida Dati (soutenue par le centre, les macronistes et qui bénéficie du retrait de la liste d'extrême droite de Sarah Knafo) et Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche hors LFI, au pouvoir depuis 25 ans à Paris.
Ancien adjoint de la sortante Anne Hidalgo, ce dernier est favori mais le maintien de l'Insoumise Sophia Chikirou peut lui jouer des tours.
A Marseille, face aux scores du RN Franck Allisio, LFI s'est désistée et le sortant de gauche Benoît Payan part avec une longueur d'avance.
Au terme d'une campagne émaillée d'invectives entre Insoumis et socialistes, les deux plus grandes villes de France font pourtant office d'exceptions dans le jeu des alliances.
Car si le PS s'est refusé à tout accord national avec LFI, ses représentants locaux n'ont pas hésité à franchir le pas après un premier tour marqué par les bons scores de LFI dans les métropoles.
Le comportement des électeurs devant ces alliances fustigées par les autres partis, et par de nombreuses figures de la gauche socio-démocrate, sera un indicateur de la force d'attraction - ou du caractère repoussoir - des Insoumis à un an de la présidentielle.
Nice, symbole des divisions du socle
Nantes, Brest, Clermont-Ferrand, Avignon... Les socialistes, qui gardent le leadership à gauche au niveau local, ont souvent accepté le ralliement des Insoumis. A Toulouse et Limoges, c'est même derrière LFI que la gauche s'est rangée pour tenter de battre la droite.
Les Insoumis visent aussi Roubaix (Nord), après avoir gagné Saint-Denis dès le premier tour.
Le PS espère lui conserver Lille, après avoir fusionné avec Les Ecologistes, et prendre à ces derniers Strasbourg.
L'un des matchs les plus serrés a lieu à Lyon: le sortant écologiste Grégory Doucet y est au coude-à-coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas.
Autre bastion gagné lors de la vague verte de 2020, Bordeaux pourrait devenir une rare terre de conquête macroniste, si l'ex-ministre Thomas Cazenave parvient à déloger le sortant Pierre Hurmic.
Le Rassemblement national, dont la progression se confirme désormais localement sans atteindre les scores de ses responsables nationaux, garde notamment les yeux sur Toulon, Nîmes, Carcassonne.
Surtout, il compte bien sur son allié Eric Ciotti (UDR), ex-patron de LR favori à Nice, pour incarner la stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite, que le président du RN Jordan Bardella tente d'imposer dans la course à l'Elysée.
Après une campagne rocambolesque, ce scrutin dans la cité des Anges symbolise les fractures du bloc central, le patron des Républicains Bruno Retailleau ayant refusé de soutenir Christian Estrosi (Horizons) en dépit des accords.
Autres enjeux d'une soirée à suspense: la participation, historiquement faible au premier tour (57% à peine), et le sort de deux anciens Premiers ministres en ballottage favorable au Havre et à Pau, Edouard Philippe et François Bayrou.
ama/sl/gvy/tmt

• Thierry ZOCCOLAN

• Thibaud MORITZ
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