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Vaccin contre le chikungunya : 21 cas graves recensés, l’ANSM maintient sa vigilance

24 March 2026
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Depuis le début de la vaccination contre le chikungunya, 62 cas d'effets indésirables ont été déclarés en France, dont 21 jugés graves. C'est ce que révèle le nouveau bilan de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), publié ce lundi 23 mars.

Le vaccin contre le chikungunya, présenté comme une avancée majeure face à une maladie qui a frappé durement La Réunion début 2025, continue de faire l'objet d'une surveillance renforcée. L'ANSM a publié ce lundi un nouveau bilan des effets indésirables liés à l'utilisation d'Ixchiq, le vaccin du laboratoire Valneva. Sur la période du 2 juin au 31 août 2025, l'agence du médicament a enregistré 15 nouveaux cas d'effets indésirables, dont trois cas graves. Depuis le début de la vaccination, le nombre total s'élève à 62 cas d'effets indésirables, parmi lesquels 21 cas graves. Ces nouveaux signalements résultent, selon l'ANSM, de déclarations tardives concernant des vaccinations effectuées avant fin avril 2025, soit avant la suspension des injections pour les seniors. Aucun nouveau décès n'a été signalé depuis le précédent bilan.

Ixchiq, développé par le laboratoire français Valneva, est l'un des seuls vaccins disponibles contre le chikungunya. Cette maladie virale, transmise par le moustique tigre, provoque des fièvres et des douleurs articulaires parfois invalidantes. Mais le parcours du vaccin a été semé d'embûches. Début 2025, une épidémie majeure de chikungunya a frappé La Réunion. Face à l'urgence, la vaccination a été déployée. Très vite, plusieurs signalements d'effets graves sont remontés, tous chez des personnes âgées. Au moins un décès a été enregistré dans l'île.

Suspension puis réautorisation

Face à ces signalements, la France a rapidement suspendu l'utilisation du vaccin chez les plus de 65 ans. L'Union européenne a emboîté le pas. En juillet 2025, l'UE a réautorisé Ixchiq, estimant que les effets secondaires observés ne remettaient pas en cause son intérêt face à une maladie particulièrement dangereuse pour les personnes âgées. Mais la France a maintenu sa prudence. Le vaccin reste contre-indiqué pour les seniors en attendant une nouvelle évaluation prévue début 2026.

L'ANSM rappelle également qu'Ixchiq est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées. Un nouveau cas de mésusage a d'ailleurs été signalé chez un patient concerné. Par ailleurs, l'agence confirme un risque rare d'encéphalopathie et d'encéphalite chez les personnes âgées présentant des maladies associées. Trois cas ont été signalés. Cette information est désormais stipulée sur la notice du vaccin, à la suite d'une évaluation européenne. Quant au risque de méningite aseptique post-vaccination, déjà identifié chez les seniors, il est désormais également surveillé chez les jeunes adultes en bonne santé après un cas rapporté.

Une surveillance renforcée

L'ANSM assure qu'elle continue de suivre de près l'évolution de ces signalements. Alors que l'épidémie de chikungunya a marqué le début de l'année 2025, la vigilance reste de mise, en particulier pour les populations les plus vulnérables. En attendant la nouvelle évaluation prévue début 2026, les seniors devront donc se passer de cette protection vaccinale, tandis que les autorités sanitaires scrutent chaque nouveau signalement pour affiner leur stratégie.