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Crise énergétique à Cuba : l’ONU présente un plan d’aide à 94 millions de dollars

27 March 2026
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Face à la grave crise énergétique qui frappe Cuba, les Nations unies ont présenté un plan d'aide d'urgence de 94,1 millions de dollars. L'objectif : maintenir les services essentiels pour les populations les plus vulnérables et "sauver des vies" dans un contexte où les coupures d'électricité peuvent durer plus de 20 heures par jour.

L'île de Cuba traverse une crise énergétique d'une ampleur inédite. Coupures d'électricité récurrentes, pannes générales à répétition, pénurie de carburant : la situation se dégrade de jour en jour. Face à cette urgence humanitaire, les Nations unies ont présenté mardi un plan d'aide de 94,1 millions de dollars pour tenter d'endiguer la crise. Francisco Pichon, coordinateur de l'ONU à Cuba, a présenté ce plan à des dizaines de diplomates et de représentants d'ONG internationales. L'objectif est clair : maintenir en fonctionnement les services essentiels destinés aux personnes les plus vulnérables du pays.

"Si la situation actuelle se poursuit et que les réserves de carburant du pays s'épuisent, nous craignons une détérioration rapide, avec un risque de pertes humaines", a mis en garde M. Pichon. Le plan a été conçu comme une extension de la réponse de l'ONU aux dégâts causés par l'ouragan Melissa en octobre dernier, élargie pour inclure l'impact humanitaire de la crise énergétique actuelle.

Une crise aggravée par les sanctions américaines

La situation énergétique de Cuba s'est considérablement dégradée depuis janvier, avec le durcissement des sanctions américaines qui ont restreint les importations de pétrole vers l'île. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait averti le mois dernier que Cuba risquait un "effondrement" humanitaire si l'accès au pétrole lui était refusé. Les Cubains subissent aujourd'hui des coupures d'électricité régulières pouvant durer plus de 20 heures. Rien que la semaine dernière, deux pannes générales sont survenues, plongeant tout le pays dans le noir pendant plusieurs heures. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a imposé des mesures draconiennes pour économiser le carburant, notamment un strict rationnement.

Selon Francisco Pichon, "la faisabilité et la mise en œuvre de ce plan d'action dépendent évidemment de solutions en matière de carburant". L'ONU est actuellement en discussion avec les États-Unis pour obtenir des autorisations permettant certaines importations de pétrole à des fins humanitaires. Les discussions portent sur la possibilité d'acheminer du carburant vers Cuba dans le cadre de cette aide d'urgence. Sans cette autorisation, le plan pourrait rester lettre morte.

Un dispositif de traçabilité pour éviter les détournements

Pour garantir que l'aide parvienne bien aux populations qui en ont besoin, l'ONU prévoit la mise en place d'un dispositif de suivi strict. "Un modèle de traçabilité du carburant" doit permettre de s'assurer qu'il soit dirigé vers les services essentiels et critiques prioritaires du plan, a précisé M. Pichon. L'organisation indique également que "toutes les solutions sont examinées, y compris la collaboration avec le secteur non étatique", une option qui pourrait permettre de contourner certains blocages politiques.

Les opérations humanitaires déjà perturbées

La crise énergétique affecte également les opérations humanitaires elles-mêmes. Le personnel onusien a été en grande partie dans l'incapacité de mener des missions de terrain, faute de carburant. Les agences de l'ONU peinent également à récupérer les cargaisons d'aide dans les aéroports de La Havane, paralysés par les pénuries. Ce plan d'urgence, s'il est mis en œuvre, vise à briser ce cercle vicieux. En permettant le fonctionnement des services essentiels, hôpitaux, pompes à eau, transports d'urgence, il pourrait stabiliser une situation qui, selon l'ONU, menace directement la vie des Cubains les plus vulnérables.

Alors que les réserves de carburant s'épuisent et que les coupures d'électricité se multiplient, la marge de manœuvre se réduit. Les 94,1 millions de dollars du plan onusien représentent une bouffée d'oxygène potentielle pour l'île, mais leur décaissement dépend désormais de la rapidité des négociations politiques. Entre urgence humanitaire et blocages géopolitiques, Cuba se trouve à un carrefour critique. Les prochaines semaines diront si la communauté internationale parviendra à surmonter les obstacles pour éviter le pire.