Antigua-et-Barbuda : Le Premier ministre annonce des élections anticipées pour la fin avril
Par Jacques VILUS

Le chef du gouvernement d'Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, a officialisé la dissolution imminente du Parlement. Les électeurs seront appelés aux urnes avec deux ans d'avance sur le calendrier constitutionnel. En fixant la dissolution de l'Assemblée au 1er avril pour un scrutin espéré fin avril, le Premier ministre Gaston Browne efface deux années de mandat d'un trait de plume.
Cette brutalité calendaire n'a rien d'une improvisation : elle est la stricte application d'une stratégie d'étouffement qui vient tout juste de faire ses preuves, avec un succès retentissant, à quelques centaines de kilomètres de là, à la Barbade. Le paysage politique d'Antigua-et-Barbuda connaît une brusque accélération en ce 28 mars 2026. Lors d'une intervention devant la Chambre basse, le Premier ministre Gaston Browne a acté la dissolution du Parlement pour le mercredi 1er avril. Cette décision précipite l'organisation d'élections générales anticipées, un scrutin qui n'était initialement pas attendu avant 2028. Si l'échéance de la dissolution est désormais fixée, la date précise du vote demeure suspendue à une ultime décision. M. Browne a précisé que les citoyens pourraient se rendre aux urnes le 22 avril ou dans le courant de la semaine suivante. La Constitution de l'archipel impose en effet un délai incompressible de vingt-et-un jours entre la publication du décret électoral par le gouverneur général et la tenue du scrutin.
Une manœuvre stratégique et une campagne éclair
Cette annonce vient clore plusieurs semaines de spéculations et d'effervescence parlementaire, récemment illustrées par la nomination de Randy Baltimore à la vice-présidence de la Chambre. Fait marquant de cette séquence politique, le chef du gouvernement a admis avoir initialement planifié une dissolution immédiate. Le report au 1er avril résulte, selon ses dires, de consultations visant à accorder un répit au Parti progressiste uni (UPP), la principale force d'opposition, afin que cette dernière puisse parachever ses listes de candidats. Le calendrier officiel incluant les dates de publication du décret, de dépôt des candidatures et le jour exact du vote fera l'objet d'une requête formelle transmise au gouverneur général la semaine prochaine. Le pays s'apprête ainsi à basculer dans une campagne électorale express, concentrée sur trois semaines décisives.
Le “modèle barbadien” : Une arme de destruction politique massive
Dans la Caraïbe anglophone (ou plus exactement dans au moins deux territoires de cette région), la dissolution parlementaire n'est plus un outil de résolution des crises, mais une arme de frappe préventive. C'est ce que les observateurs nomment désormais le "modèle Mottley". La Première ministre de la Barbade a en effet érigé la "guerre éclair " électorale en système de gouvernance. Après un premier coup d'éclat en 2022, Mia Mottley a récidivé le mois dernier : dissolution du Parlement mi-janvier 2026 et tenue du scrutin le 11 février. Le résultat fut implacable. En ne laissant que trois semaines de préparation à une opposition exsangue, le Parti travailliste de la Barbade (BLP) a raflé l'intégralité des 30 sièges de l'Assemblée. Gaston Browne, dont le Parti travailliste (ABLP) est aux affaires à Saint John's, a parfaitement assimilé cette leçon et tente aujourd'hui de cloner ce triomphe absolu.
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