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En filigrane, les rapports post-coloniaux entre l’Elysée et la Guadeloupe

30 March 2026
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Procès du tableau du Président Emmanuel Macron décapité

Par Richard GARNIER [email protected]

Les avocats des prévenus dont le peintre « Boss Blow » ont estimé que cette affaire, engagée sur plainte du chef de l'État mais sans constitution de partie civile, soulevait des questions sur le déroulement de l'enquête et sur l'équilibre même du procès.
Les avocats des prévenus dont le peintre « Boss Blow » ont estimé que cette affaire, engagée sur plainte du chef de l'État mais sans constitution de partie civile, soulevait des questions sur le déroulement de l'enquête et sur l'équilibre même du procès. • RICHARD GARNIER

Le procès du tableau controversé qui représente le président de la République décapité, sa tête ensanglantée portée à bout de bras par un homme ceinturé du drapeau de la Guadeloupe, s'est achevé ce vendredi après-midi. Le jugement a été mis en délibéré au 21 mai 2026.

Vendredi matin, la procureure, Caroline Calbo,
avait exposé ses réquisitions. Tout en fixant les limites entre la
provocation et l'incitation à la violence et la liberté
d'expression artistique, la magistrate n'a finalement demandé
aucune peine contre les trois prévenus : « Il s'agit d'une
atteinte volontaire à la vie par diffusion. Les auteurs sont
poursuivis comme complices. Il s'agit d'une violence contre une
personne dénommée. En l'occurrence, Emmanuel Macron. La provocation
n'est pas ambiguë. L'élément moral est la diffusion de haine qu'il
véhicule. À l'heure où les hommes politiques sont vilipendés, ce
message de décapitation est dangereux. L'incitation à la violence
est en jeu. Si cela avait été la représentation d'un homme
politique local, cela aurait conduit aux mêmes poursuites. Pour
qu'il y ait liberté d'expression, il doit y avoir proportionnalité.
La notion humoristique fait défaut. La tête décapitée ne sert
aucunement la cause générale de lutte contre...