Rodéos urbains, tirs de mortiers, consommation de stupéfiants, incivilités: Sébastien Lecornu a présenté jeudi à Bordeaux son "carnet de bal" de textes régaliens à venir au Parlement, à commencer par le projet de loi Ripost contre la "délinquance de proximité (...) qui nous pourrit la vie".
Avant d'être rattrapé par l'énergie et les prix des carburants, le chef du gouvernement avait prévu, au sortir des élections municipales, d'axer son discours sur le régalien: l'effort militaire, la sécurité et la justice.
Le texte Ripost sur la sécurité "du quotidien" répond à une "attente extraordinairement forte" des élus de gauche comme de droite, a souligné le Premier ministre avant d'écouter plusieurs maires de Gironde à l'hôtel de ville de Bordeaux. Et "un carnet de bal va s’ouvrir au Parlement", a-t-il ajouté.
La sécurité, en tête des préoccupations des Français, est une "thématique qui nous lie", Etat et collectivités locales, et qui "transcende les clivages politiques", a abondé le nouveau maire de Bordeaux Thomas Cazenave.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que ce projet de loi, qui arrive le 18 mai au Sénat, visait à produire un "choc d'autorité" et un "choc d'efficacité" contre la délinquance et la criminalité organisée.
Le Parlement examine aussi un projet de loi qui renforce les prérogatives des polices municipales, placées sous l'autorité des maires et en première ligne face aux incivilités. Adopté par le Sénat, il doit arriver à l'Assemblée nationale en mai.
Celui sur la justice de Gérald Darmanin commencera aussi son examen au Sénat à partir du 13 avril.
Sur ces textes, "on souhaite pouvoir avancer" sur le modèle du budget, a fait valoir M. Lecornu, non pas de "manière partisane" mais en recherchant "le compromis par le bas, (...) par le terrain, par les praticiens".
Parmi ces derniers, il a cité les avocats "qui sont inquiets", et dont quelques représentants ont protesté devant l'hôtel de ville à son arrivée.
La colère monte dans cette profession contre le texte du garde des Sceaux, qui instaure un plaider coupable en matière criminelle.
"On est loin de la fin du quinquennat inutile" alors que le gouvernement, privé de majorité à l'Assemblée nationale, ne peut pas engager de grandes réformes, a fait valoir devant la presse le Premier ministre. "Je n'ai rien à perdre", a-t-il ajouté en inscrivant son action "dans une logique très pragmatique".
Le Premier ministre a auparavant assisté à la présentation d'un dispositif de sécurisation des transports urbains par des policiers réservistes.
Sébastien Lecornu a "salué" à cette occasion l'élection de l'ancien ministre Renaissance Thomas Cazenave, face au sortant écologiste Pierre Hurmic, un des rares trophées du bloc central. Les deux responsables ont eu un entretien en fin d'après-midi.
are/hr/gvy

• Camille CASSOU

• Philippe Lopez
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