Camping : la gendarmerie et l’Office national des forêts préfèrent expliquer plutôt que verbaliser
À l'occasion du week-end de Pâques, les campeurs sont nombreux à avoir investi le site naturel de La Coulée, à Saint-François. Depuis mercredi, des tentes, des groupes électrogènes et même une sono animent les lieux. Mais les patrouilles conjointes de la municipalité, de l'Office national des forêts et de la gendarmerie sont venues rappeler les règles.
À l'entrée du chemin qui mène à "la douche", Medy Quidal et Aurore Bourseau, agents de l'ONF, ont installé une pancarte. Objectif : donner aux campeurs quelques conseils simples pour respecter l'environnement. Sur ce site très fréquenté pendant les vacances de Pâques, la pression est forte. Et les bonnes volontés, parfois, font des dégâts. Laura, campeuse habituée des lieux, se souvient très bien du passage de l'ONF l'année dernière. Sa seule excuse ? Le ratissage. "J'ai du mal à ne pas mettre le sol au propre", confie-t-elle. Mais Medy Quidal lui explique aussitôt pourquoi cette pratique est interdite : "Le ratissage emporte les espèces naissantes et empêche la régénération des jeunes plants". Sur place, un autre espace a été délimité par de la rubalise, comme pour être "réservé". Problème : cette pratique est également interdite. Les agents de l'ONF procéderont eux-mêmes au retrait du marquage.
Ici, beaucoup de campeurs sont des habitués, certains viennent au même endroit depuis quarante ans. Parmi eux, Henry, reconnaissable à son débardeur noir. C'est lui qui a donné son nom à "la douche", en raison du geyser d'eau qui jaillit de la mer à cet endroit. L'attachement au lieu est fort.
Sono, feux à même le sol et groupes électrogènes : les infractions passées en revue
Sur un campement, une sono diffuse de la musique. Les agents rappellent que le volume sonore ne doit pas excéder un certain seuil, pour ne pas troubler la tranquillité des lieux et des autres usagers. Plus inquiétant : des traces de feu à même le sol sont visibles. Une pratique formellement interdite. "La chaleur envoyée dans le sol détruit les racines des arbres", expliquent les agents. Même un feu posé sur une tôle n'est pas idéal, car celle-ci chauffe malgré tout. Le mieux reste encore un barbecue. Deux groupes électrogènes sont également en fonctionnement, permettant d'alimenter un gros néon, une ampoule et même une cafetière électrique. Là encore, c'est interdit, en raison du bruit généré et du risque de déversement d'essence sur le sol.
Pas d'amende pour l'instant, mais la menace plane
Pour l'heure, les agents de l'ONF, la gendarmerie et la municipalité ont choisi la pédagogie. Aucune amende n'a été dressée lors de cette patrouille. Mais la tolérance a ses limites. Les campeurs sont prévenus : en cas de coupe d'un arbre, l'amende peut s'élever jusqu'à 1 500 euros. L'objectif de cette opération conjointe est clair : que les campeurs de Pâques puissent profiter de la nature sans la détruire. Et que "la douche" reste, pour les années à venir, ce joyau sauvage que les habitués disent tant aimer.
Related News
La Cour suprême se montre sceptique face à la volonté de Trump de redéfinir la citoyen...
Dispense de peine prônée par la procureure dans l'affaire du tableau de Macron
Laurent Petit exclu du Rassemblement National après des images jugées dégradantes