Racisme en France : 52 % des victimes évitent certains quartiers, 22 % envisagent de quitter le pays
Un sondage Ifop réalisé pour la Licra, dévoilé ce jeudi, dresse un constat alarmant des discriminations raciales et religieuses en France. Plus d'un Français sur deux (52 %) victimes de ces comportements adopte une stratégie d'évitement pour se protéger.
Face aux discriminations raciales ou religieuses, plus d'un Français sur deux (52 %) a mis en place une stratégie d'évitement. Selon le sondage Ifop réalisé par téléphone auprès d'un échantillon exceptionnel de 14 025 personnes âgées de 15 ans et plus, ces comportements de prudence prennent plusieurs formes. Ainsi, 39 % des victimes ont évité de fréquenter certaines rues ou certaines zones. 19 % ont renoncé “à afficher une apparence susceptible de révéler leurs origines”. Et 19 % ont volontairement dissimulé leurs origines sur internet ou les réseaux sociaux.
Cette stratégie d'évitement concerne 81 % des Français juifs, 58 % des musulmans et 54 % des catholiques. Selon l'origine ethnique “perçue” par autrui, 61 % des sondés perçus comme “arabes” et 53 % de ceux perçus comme “noirs” ont également adopté ce type de comportement.
Envisager de quitter la France
Le phénomène ne se limite pas à l'évitement. Selon ce sondage, 22 % des victimes d'agressions ou de discriminations ont déjà envisagé de quitter la France. Un chiffre qui monte à 55 % chez les juifs et à 46 % chez les musulmans. Au total, 46 % des sondés affirment avoir été déjà victimes d'agressions ou de discriminations à caractère raciste au cours de leur vie, dont 80 % des juifs et 79 % des musulmans. Chez les personnes perçues comme “noires” ou “arabes”, ils sont 80 % à rapporter de tels faits.
“Si la France ne peut être qualifiée de société systémiquement raciste, force est néanmoins de constater que le racisme est loin d'être un phénomène marginal ou résiduel”, affirme l'Ifop, qui souligne la taille “exceptionnelle” de son échantillon. Sur la temporalité, un quart (24 %) des sondés ont fait l'expérience d'un comportement raciste au cours des cinq dernières années, et 15 % au cours des douze derniers mois.
Insultes, menaces et violences physiques
Quant à la nature de ces discriminations en raison des origines, de la religion ou de la couleur de peau, les répondants détaillent : 25 % ont affirmé avoir fait l'objet de moqueries désobligeantes ou de propos vexants ; 24 % d'insultes ou d'injures ; 14 % de menaces ; et 9 % d'actes de violences physiques.
Selon un bilan communiqué en mars par le ministère de l'Intérieur, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré en 2025 plus de 9 700 crimes ou délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux. Cela représente une augmentation de 5 % par rapport à 2024. Sur la décennie 2016-2025, ces faits sont en hausse de 7 % en moyenne par an.
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