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Haïti : une bousculade tragique fait au moins 30 morts à la Citadelle Laferrière

12 April 2026
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Un mouvement de foule lors d'une affluence exceptionnelle a endeuillé les festivités traditionnelles organisées sur le site historique du Bonnet-à-l'Évêque, ce samedi. Les défaillances logistiques pointées du doigt laissent présager un bilan humain bien plus lourd, plongeant la nation haïtienne dans le choc.

La majestueuse forteresse s'est transformée en huis clos mortel. Ce samedi 11 avril, au moins trente personnes ont péri étouffées ou piétinées dans l'enceinte de la Citadelle Laferrière, monument emblématique juché dans le nord du pays. Le directeur départemental de la Protection civile, Jean Henry Petit, a confirmé ce bilan dramatique en fin de journée, tout en prévenant de son caractère éminemment provisoire. Le nombre important de personnes encore portées disparues fait redouter le pire. Des témoins sur place, observant le ballet macabre vers les morgues, évoquent un bilan officieux qui pourrait atteindre les 70 victimes. Des dizaines de blessés, dans un état parfois critique, ont dû être extraites de la forteresse en urgence.

Un dysfonctionnement logistique fatal

L'analyse des premières heures met en lumière une succession de failles sécuritaires majeures. L'affluence exceptionnelle, drainée par l'attrait des festivités traditionnelles, s'est heurtée à une gestion des flux désastreuse. Selon les autorités locales, une seule et unique porte a été affectée pour canaliser à la fois les entrées et les sorties du public. Cette congestion aberrante a rapidement dégénéré. Une échauffourée a éclaté entre les visiteurs asphyxiés cherchant à s'extraire de l'enceinte et la foule compacte pressant pour y pénétrer. Ce goulot d'étranglement a déclenché un mouvement de panique aveugle et irréversible, provoquant des évanouissements en chaîne et le piétinement meurtrier des victimes tombées au sol.

Le chaos jusque sur les routes de l'urgence

L'horreur de la bousculade a été doublée d'un chaos sanitaire et routier en aval. L'évacuation des corps, notamment de très nombreuses jeunes victimes, vers l'hôpital Sacré-Cœur de Milot a été entravée par de multiples accidents de la circulation. Des camions et des motocyclettes de fortune, transformés en ambulances improvisées dans la précipitation, ont été impliqués dans des collisions, compliquant le travail des secouristes et alourdissant un bilan déjà dramatique. Face à l'effondrement du dispositif initial, la Direction départementale Nord de la Protection civile a dû activer ses protocoles de crise. S'appuyant sur le principe de subsidiarité, un appel aux renforts a été lancé auprès de la mairie du Cap-Haïtien pour rétablir un semblant d'ordre, évacuer totalement la forteresse et sécuriser le périmètre.

L'heure des comptes et des mesures conservatoires

Ce drame souligne crûment l'incapacité structurelle à encadrer de tels rassemblements de masse. Les premiers constats dressent le tableau d'une tragédie évitable : sous-estimation flagrante de l'affluence, absence cruelle d'issues de secours, et inexistence d'un poste médical avancé. En réaction, la fermeture temporaire de la Citadelle Henry est d'ores et déjà réclamée afin de procéder à un audit sécuritaire complet. Au-delà du deuil qui frappe de nombreuses familles, l'opinion publique attend désormais l'ouverture d'une enquête approfondie. L'enjeu sera de situer les responsabilités pénales et institutionnelles dans ce naufrage organisationnel.

Choc, vive émotion et immense tristesse pour les autorité haïtiennes

L'onde de choc provoquée par le mouvement de foule mortel du Bonnet-à-l'Évêque a rapidement atteint les arcanes du pouvoir à Port-au-Prince. Par l'entremise d'un communiqué diffusé dans la soirée du 11 avril 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a officiellement réagi, faisant part de la "profonde consternation" de l'ensemble de l'appareil d'État. Face au bilan tragique frappant principalement une jeunesse venue célébrer son patrimoine touristique et culturel, le chef du gouvernement s'est défait de la stricte réserve protocolaire pour exprimer une "vive émotion" et une "immense tristesse". Au-delà des condoléances d'usage, il s'agissait pour l'exécutif de montrer sa présence immédiate aux côtés des familles foudroyées par ce deuil inattendu.

Jacques VILUS