“Sniper 1000” : cet insecticide tue en France, quatre morts et 351 intoxications recensées
Un insecticide interdit en France depuis 2013 continue de faire des ravages. Le "Sniper 1000", utilisé illégalement contre les punaises de lit et les cafards, a causé 351 intoxications entre début 2023 et fin 2025, selon un bulletin de vigilance publié ce lundi 13 avril. Quatre cas ont été mortels.
Le “Sniper 1000” a beau être interdit en France et dans l'Union européenne depuis 2013, il continue de faire des victimes. Sa substance active, le dichlorvos, était autrefois utilisée pour combattre les insectes dans les habitations, les entrepôts, les cultures et les élevages. Mais “en raison de sa toxicité élevée”, son usage a été prohibé. Pourtant, le produit est toujours vendu illégalement sur les marchés, dans des bazars ou sur internet. Il est notamment utilisé pour lutter contre les punaises de lit et les cafards, malgré les saisies de flacons et les alertes régulièrement effectuées par les autorités sanitaires.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dresse un bilan alarmant. Entre début 2023 et fin 2025, 351 intoxications liées au “Sniper 1000” ont été recensées. Six cas sur dix concernaient des femmes. Si la plupart étaient bénignes, une sur dix était de gravité moyenne. Surtout, quatre cas ont entraîné la mort. Ces intoxications “peuvent être graves”, précise l'Anses, avec des symptômes respiratoires, digestifs, neurologiques ou neuromusculaires pouvant aller jusqu'au décès.
Un trafic qui s'étend sur tout le territoire
Près de sept expositions sur dix se sont produites en Île-de-France, dont plus d'une sur cinq dans le seul département de la Seine-Saint-Denis. Le produit y était acheté principalement sur des marchés ou dans des bazars. Mais la situation s'aggrave. “Contrairement au précédent bilan”, le produit circule désormais sur tout le territoire, avec des intoxications recensées à Marseille, Limoges, Lyon et même en Outre-mer. Le “Sniper 1000”, importé principalement d'Afrique subsaharienne, fait l'objet d'un “important trafic francilien qui s'étend désormais à d'autres grandes villes de France”.
Parmi les 351 intoxications recensées, 255 étaient liées à l'utilisation du produit contre des nuisibles au domicile. 39 cas concernaient une ingestion accidentelle par un enfant. Enfin, 32 intoxications étaient liées à une ingestion volontaire dans un but suicidaire.
Face à ce danger, l'Anses rappelle qu'il ne faut surtout pas utiliser le “Sniper 1000”. Les punaises de lit résistent aujourd'hui à “la quasi-totalité des insecticides en vente libre”. Si l'infestation persiste, l'agence recommande de recourir à un professionnel certifié. Les autorités sanitaires appellent à la plus grande vigilance et rappellent que l'utilisation de ce produit interdit met gravement en danger la santé.
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