Six Ultramarins en quête d’or : l’équipe de France de judo lance son rêve américain à Tbilissi
Du 16 au 19 avril 2026, Tbilissi, en Géorgie, accueille les championnats d'Europe de judo. Parmi les Bleus emmenés par six athlètes ultramarins, l'ambition est décuplée : après dix médailles l'an dernier au Monténégro, il faut faire mieux. Et à deux ans des Jeux de Los Angeles, chaque combat devient une page écrite vers 2028.
L'olympiade à la maison est déjà une belle histoire, rangée dans les livres d'histoire. L'équipe de France de judo a tourné la page. Bienvenue en 2026, année zéro d'un nouveau cycle, avec un horizon clair : Los Angeles 2028. Chaque compétition, désormais, est une ligne écrite sur cette page blanche. Le Grand Slam de Paris, en février dernier, en a été la préface. La belle moisson de médailles des Tricolores avait mis l'eau à la bouche. Mais le premier vrai chapitre s'écrit loin de l'Hexagone, en Géorgie, à Tbilissi, où les championnats d'Europe s'ouvrent ce jeudi 16 avril. L'affiche est alléchante : tous les meilleurs judokas du vieux continent sont annoncés. Et la délégation française peut compter sur un atout de taille : six athlètes ultramarins prêts à en découdre.
Dès ce jeudi, la Martiniquaise Amandine Buchard (-52 kg) entre en lice. Déjà sacrée reine d'Europe à deux reprises, en 2021 et 2023, elle vient briguer une troisième couronne. Souvent tiraillée par des sautes de concentration par le passé, la double médaillée olympique (argent à Tokyo en 2021, bronze à Paris en 2024) se présente cette fois sereine. Son secret ? Une préparation soignée. “Je suis tranquille. Je suis en train de faire une très bonne préparation. J'essaie d'arriver avec le plus d'énergie et d'envie possible et dans les meilleures conditions physiques et psychologiques”, confiait-elle lors d'un point presse avant le départ. À 30 ans, la Martiniquaise est lancée dans un double projet ambitieux : rugby et judo. Elle entend se qualifier pour Los Angeles dans les deux disciplines. Chacune de ses sorties sera scrutée à la loupe. À Tbilissi, elle pose une première pierre.
Sarah-Léonie Cysique : la Guadeloupéenne veut confirmer son ascension
Autre française très attendue sur les tatamis : la Guadeloupéenne Sarah-Léonie Cysique (-57 kg). Médaillée d'argent en 2022 en Hongrie, la judoka de 27 ans vient de franchir un cap retentissant. En février dernier, elle a remporté le Grand Slam de Paris dans sa catégorie. Une victoire qui a changé sa dimension. À Tbilissi, elle voudra confirmer ses bonnes prédispositions du moment et décrocher enfin l'or européen qui lui résiste.
À 25 ans, Kaïla Issoufi (-78 kg) va connaître les joies de l'équipe de France dans une grande compétition. La Mahoraise découvre en Géorgie l'environnement des Bleus, et sa convocation ne souffre d'aucune contestation. Récente vainqueure du Grand Slam de Tachkent en Ouzbékistan fin février, elle réalise un début de saison impeccable. Sa sélection s'est faite au détriment d'Audrey Tcheuméo, double médaillée olympique, reléguée au rang de réserviste. À deux ans des Jeux de Los Angeles, Kaïla Issoufi bouscule la hiérarchie. Et elle n'a pas fini de faire parler d'elle.
Léa Fontaine : l'Antillo-Réunionnaise face au défi Dicko
En + 78 kg, l'Antillo-Réunionnaise Léa Fontaine sera l'une des meilleures armes du clan français. Problème : sa catégorie est l'une des plus denses et compliquées du judo français. Pour décrocher le titre européen, elle devra notamment se défaire de sa propre compatriote, Romane Dicko : médaille d'argent aux Jeux de Paris 2024 et cinq fois championne d'Europe. La mission est immense, mais Léa Fontaine a les épaules pour la relever.
Côté hommes : Joan-Benjamin Gaba, le Martiniquais porte-drapeau
En l'absence de Teddy Riner, c'est le Martiniquais Joan-Benjamin Gaba qui endosse le rôle de porte-drapeau de la délégation masculine. Dossard rouge sur le dos, signe distinctif des champions du monde, il sera l'homme à battre. Vice-champion olympique en 2024 à Paris en -73 kg, champion du monde en 2025, il rêve désormais du titre européen. Deux fois médaillé de bronze en 2024 et 2025, une victoire à Tbilissi le ferait basculer dans une nouvelle dimension. Lui qui collectionne l'argent et le bronze, ne manque plus que l'or.
Dernier Ultramarin engagé, le Calédonien Alexis Mathieu arrive avec un appétit intact. Souvent placé mais jamais récompensé ces dernières années, il cherche toujours sa première grande victoire. Ces championnats d'Europe à Tbilissi pourraient être l'occasion idéale pour briser la glace. Enfin.
Pour tous ces athlètes, la course au quota pour les prochains Jeux de Los Angeles s'ouvre officiellement à compter du mois de juin. Alors ces championnats d'Europe, malgré leur prestige, pourraient bien servir de tour de chauffe. L'objectif ultime, c'est l'Amérique. Mais avant de sortir les griffes et de rêver de la Californie, il faut écrire les premières lignes. Et elles se traceront sur les tatamis géorgiens, à coups d'ippons et de médailles. La France ultramarine est prête. Rendez-vous à Tbilissi.
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