Antigua-et-Barbuda : Gaston Browne réélu haut la main pour un quatrième mandat consécutif
Le Premier ministre sortant et son Parti travailliste ont raflé 15 des 17 sièges du parlement lors du scrutin anticipé d'hier jeudi 30 avril. Une victoire qui consolide son pouvoir, alors que Washington durcit le ton face au très controversé programme de " passeports dorés " de l'archipel.
À l'issue des élections générales anticipées tenues ce jeudi 30 avril, le Parti travailliste d'Antigua-et-Barbuda (ABLP) a conservé son emprise sur l'archipel en remportant 15 des 17 sièges parlementaires. Cette victoire sans appel, officialisée aux premières heures de ce vendredi 1er mai, propulse le Premier ministre sortant Gaston Browne, 59 ans, vers un quatrième mandat consécutif. Élu dans son fief de St John's City West pour la septième fois depuis 1999, le dirigeant a prêté serment dès 10 heures ce matin, conservant par la même occasion le portefeuille stratégique des Finances.
Une opposition réduite à la marge
Malgré une participation électorale morose tout au long de la journée, les résultats calquent le scrutin de 2018. Le principal mouvement d'opposition, le Parti progressiste uni (UPP), subit un nouveau revers en ne sauvant qu'un unique siège, celui de son leader Jamale Pringle (All Saints East and St Luke). L'île de Barbuda, quant à elle, renouvelle sa confiance au Barbuda People's Movement (BPM) de Trevor Walker, qui a largement distancé la candidate au pouvoir. Dans son discours de victoire prononcé depuis le siège de l'ABLP, Gaston Browne a fustigé une campagne de dénigrement personnel, tout en assurant vouloir gouverner sans esprit de revanche. " Nous continuerons à construire les infrastructures routières et hydrauliques à travers tout le pays ", a-t-il déclaré, s'engageant à n'exclure aucune circonscription de la relance.
L'ombre diplomatique de Washington
Convoqué deux ans avant l'échéance légale, ce scrutin devait offrir à l'exécutif un blanc-seing pour affronter les turbulences économiques mondiales. Gaston Browne s'est largement appuyé sur le rebond du secteur touristique post-pandémie et le maintien des investissements publics. Cependant, le principal défi du nouveau gouvernement s'annonce avant tout diplomatique. Le débat électoral a été lourdement parasité par la suspension, décidée par les États-Unis en janvier dernier, du traitement des visas pour les ressortissants antiguais. Washington s'inquiète du programme local de " citoyenneté par investissement ", soupçonné d'offrir une porte d'entrée aux réseaux criminels transnationaux. Un coup d'arrêt sévère pour de nombreux insulaires dépendant de ces visas pour travailler en Amérique du Nord.
Le message américain est d'ailleurs parvenu dès l'annonce des résultats. Dans un communiqué publié ce vendredi 1er mai, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a pris acte de cette réélection, fixant d'emblée les exigences de son administration : approfondir la coopération pour " lutter contre l'immigration illégale, les organisations criminelles transnationales et le trafic illicite ". Un rappel frontal que ce quatrième mandat se déroulera sous l'étroite surveillance de son puissant voisin du Nord.
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