Cheveux afros, bouclés, crépus : bientôt une formation obligatoire à New York, et en France ?
Dès septembre 2026, l’État de New York imposera à toutes ses écoles de coiffure de former leurs élèves aux cheveux texturés, afro, bouclés et crépus. Une mesure qui vise à corriger un déséquilibre historique : celui d’un métier qui, faute de formation appropriée, exclut une grande partie de la population.
À New York, les futurs professionnels de la coiffure ne pourront bientôt plus ignorer les spécificités des cheveux texturés. Une nouvelle réglementation, qui entrera en vigueur en septembre 2026, impose aux écoles de cosmétologie et de coiffure d’intégrer une formation obligatoire aux cheveux afro, bouclés, frisés et crépus. Objectif : permettre aux salons d’accueillir tous les clients avec le même niveau de compétence, quelle que soit leur texture capillaire. Concrètement, les élèves devront être formés à l’entretien, l’hydratation, le coiffage, le tressage, les techniques de protection et la compréhension des différentes textures naturelles.
Derrière cette réforme, une réalité : depuis des années, des femmes afro-descendantes dénoncent les difficultés rencontrées dans certains salons, où les coiffeurs reconnaissent parfois ne pas savoir traiter les cheveux crépus ou bouclés. Pour les associations et les professionnels du secteur, cette absence de formation constitue une forme d’exclusion longtemps ignorée.
Un impact économique et symbolique
Au-delà de la dimension symbolique, cette évolution pourrait avoir un impact économique important. Le marché des produits et services destinés aux cheveux texturés connaît une forte croissance aux États-Unis. New York, premier État à franchir le pas, pourrait encourager d’autres États américains, voire d’autres pays, à revoir leurs standards de formation. Pour de nombreux observateurs, cette décision marque surtout une reconnaissance plus large de la diversité capillaire dans une industrie longtemps critiquée pour son manque de représentativité.
Et en France ? 20 % de la population concernée
Le problème est le même de l’autre côté de l’Atlantique. En France, plus de 20 % de la population a les cheveux crépus, frisés ou bouclés. Mais quand on entre dans un salon de coiffure, rares sont les professionnels capables de prendre soin de ce type de cheveux. La faute à un manque de formation. Le CAP coiffure, souvent réalisé en deux ans, a un programme très condensé. Les cheveux texturés y sont généralement ignorés.
Aujourd’hui, il existe un diplôme spécialisé dans les cheveux bouclés, frisés et crépus. Une formation de 200 heures, accessible après le CAP, pour apprendre des techniques de coiffage, de lissage, de coloration. L’objectif est ambitieux : permettre à chacun d’aller dans n’importe quel salon, quel que soit son type de cheveux. Pourtant, le chemin est encore long. Si la formation existe, elle n’est pas obligatoire. Et les mentalités, comme les pratiques, mettent du temps à évoluer. Mais la décision de New York pourrait accélérer les choses. En France comme ailleurs, l’industrie de la beauté doit faire sa révolution capillaire.
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