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Pétrole, blocus et propagande : Cuba et les États-Unis s’affrontent par communiqués interposés

07 May 2026
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Mardi 5 mai, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a affirmé que Cuba ne subissait aucun « blocus pétrolier » et que sa crise énergétique relevait d’une mauvaise gestion économique interne. Une déclaration qui a aussitôt provoqué la réaction du chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, accusant Rubio de « mentir ».

Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Marco Rubio a livré son analyse de la crise énergétique qui secoue l’île communiste. « Il n’y a pas de blocus pétrolier contre Cuba en soi », a-t-il martelé. Selon lui, la situation actuelle découle avant tout de l’effondrement de l’ancien partenariat pétrolier avec le Venezuela. « Cuba avait l’habitude de recevoir du pétrole gratuit du Venezuela. Ils prenaient 60 % de ce pétrole et le revendaient en échange de devises ». Le secrétaire d’État a conclu : « Le seul blocus qui a lieu, c’est que les Vénézuéliens ont décidé qu’ils ne vont plus faire cadeau de ce pétrole, et encore moins à un régime en faillite ». Il a également dénoncé un « modèle économique » cubain qui « ne fonctionne pas », ajoutant : « Pire qu’un communiste, c’est un communiste incompétent ».

La réaction de La Havane ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a accusé Rubio de « mentir » et de contredire « le président Trump et la porte-parole de la Maison Blanche ». Selon lui, le secrétaire d’État « a simplement choisi de mentir » en niant l’existence d’un « siège pétrolier criminel » qu’il aurait lui-même proposé au président américain. « Nos fournisseurs (de pétrole) sont intimidés, sont menacés en violation des règles du libre-échange et de la liberté de navigation », a ajouté le chef de la diplomatie cubaine. Il a dénoncé les nouvelles sanctions annoncées par Donald Trump le 1er mai, qui touchent notamment le secteur de l’énergie. « Le secrétaire d’État sait très bien les dégâts et les souffrances qu’il fait endurer au peuple cubain ».

Washington resserre l’étau énergétique

Depuis la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié historique de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l’île. Donald Trump a signé fin janvier un décret stipulant que Cuba représente une « menace extraordinaire » pour les États-Unis, menaçant de représailles tout pays souhaitant fournir ou vendre du pétrole à La Havane. Résultat : seul un pétrolier russe a été autorisé à accoster. L’embargo américain contre Cuba, lui, est en vigueur depuis plus de six décennies.

Rubio doit se rendre à partir de jeudi au Vatican, médiateur historique entre les deux pays, qui ont reconnu être en pourparlers. « Nous serons enchantés de parler de la question de Cuba », a assuré le secrétaire d’État, qui doit rencontrer le pape Léon XIV. Une visite qui pourrait marquer un tournant, ou simplement un nouvel épisode des tensions diplomatiques.