Orthographe, syntaxe, raisonnement : le Ministre de l’Éducation durcit le ton sur la qualité rédactionnelle
À partir de la session 2026, les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne pourront pas obtenir le baccalauréat. C’est l’annonce choc d’Édouard Geffray, Ministre de l’Éducation nationale de France, dans un entretien au Figaro et dans la circulaire de rentrée publiée ce jeudi 7 mai au Bulletin officiel.
Dans la circulaire de rentrée adressée à « tous les personnels de l’éducation nationale », Édouard Geffray fixe le cap : « L’acquisition du langage, c’est-à-dire de la capacité croissante à élaborer une pensée complexe, est notre premier objectif pédagogique, dans toutes les disciplines ». Concrètement, l’enseignement devra être « principalement concentré sur la maîtrise de deux conventions sociales premières qui rendent possibles toutes les autres : le langage et le raisonnement scientifique ». Le ministre proscrit les « textes à trous », sauf besoins particuliers, au profit « du geste scripteur et de la rédaction de phrases complètes, qui améliorent la mémorisation et permettent à l’élève de développer une pensée complexe ».
La nouveauté la plus frappante concerne le baccalauréat. « Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac. Ce serait leur mentir sur leur niveau », insiste Édouard Geffray. L’inspection générale travaille actuellement sur un barème applicable à toutes les épreuves, « y compris les disciplines scientifiques, où l’orthographe n’était pas considérée comme prioritaire ». Un changement de paradigme. Jusqu’à présent, la qualité rédactionnelle était surtout prise en compte dans les matières littéraires. Désormais, un calcul erroné mais bien rédigé ne suffira pas à compenser une expression lacunaire.
L’IA et l’affaiblissement de l’écrit en ligne de mire
Dans son entretien au Figaro, le ministre a dénoncé l’affaiblissement de la pratique de l’écrit à l’école primaire depuis trente ans. « Pourtant, écrire permet de développer les facultés cognitives », rappelle-t-il. « Ne pas maîtriser » l’orthographe « ferme des portes ». La circulaire pointe également du doigt l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les élèves. « À l’heure où nos élèves se reposent de plus en plus sur l’intelligence artificielle, cultiver cette maîtrise (du langage) est le meilleur moyen de leur garantir une autonomie intellectuelle et mentale dans l’usage de ces outils, comme, en temps voulu, d’en tirer le plein potentiel ».
Le raisonnement scientifique et les mathématiques constituent la seconde priorité de la rentrée 2026. L’accent sera mis sur l’acquisition des automatismes en mathématiques et la résolution de problèmes dès l’école primaire. Un message clair : pas de calcul mental sans rigueur, pas de raisonnement sans langage. Les deux piliers sont indissociables.
Téléphone au lycée, civilité et lutte contre les inégalités
La circulaire aborde également d’autres sujets sensibles. Le ministre souhaite un « travail accru sur la réduction des inégalités » entre filles et garçons, ainsi qu’une amélioration du « climat scolaire ». Pour y parvenir, il mise sur l’interdiction du téléphone portable au lycée, dont le texte est actuellement en débat au Parlement et sur le rôle des parents. ‘Cela implique également le nécessaire retour à une forme de civilité trop souvent remise en cause par le comportement de certains élèves et parfois même de certains parents', écrit-il.
Quant aux personnels de l’éducation nationale, Édouard Geffray entend améliorer et humaniser la gestion des ressources humaines et conclut sur une note d’espoir : « Nous ne sommes condamnés ni à l’impuissance ni au fatalisme ».
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