Mémoire de l’esclavage : une célébration œcuménique et une procession vers le Mémorial ACTe le 27 mai
Le diocèse de Guadeloupe organise, le mercredi 27 mai 2026, une journée de commémoration en mémoire des victimes de l’esclavage. De 16h à 20h, une célébration eucharistique solennelle à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre précédera une procession interreligieuse vers le Mémorial ACTe.
Pour la deuxième année consécutive, l’Église catholique en Guadeloupe organise un temps diocésain dédié à la mémoire des personnes victimes de l’esclavage. Cette initiative s’inscrit dans une volonté renouvelée de promouvoir la reconnaissance de la dignité inaliénable de toute personne humaine, de favoriser la réconciliation et de demeurer vigilant face aux nouvelles formes d’asservissement. La manifestation débutera à 16h par une messe solennelle présidée par Mgr Philippe Guiougou à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre. Elle sera suivie d’une procession qui se dirigera vers le Mémorial ACTe, en passant par la place de la Victoire où se déroulera un temps interreligieux.
Après la messe, les participants chemineront depuis le parvis de l’église jusqu’au Mémorial ACTe. Un temps interreligieux est prévu place de la Victoire, rassemblant différentes confessions chrétiennes et traditions religieuses présentes en Guadeloupe. Cette ouverture illustre la volonté du diocèse de donner à l’événement sa pleine dimension, en tenant compte de la diversité de la société guadeloupéenne. Au Mémorial ACTe, un dépôt de fleurs et de lumignons à la mer aura lieu, en présence des autorités religieuses, de la société civile, du monde politique et associatif. Chaque groupe sera accompagné d’un enfant pour ce geste symbolique d’unité et d’espérance.
Pénitence, pardon et guérison communautaire
L’Église catholique entend vivre cette journée dans un esprit de repentance et de demande de pardon. « Rendre hommage aux victimes implique une démarche profonde de repentance, de mémoire et de guérison », souligne la note de presse. Cette démarche, sans stigmatisation ni discours de haine, vise à contribuer à la construction d’une société plus juste et plus fraternelle. La liturgie comprendra des prières pour la mémoire des victimes et des survivants, des rites de pénitence, des gestes concrets de solidarité envers les descendants des communautés affectées, ainsi qu’un temps d’ouverture aux autres confessions.
Pour permettre au plus grand nombre de participer à la procession, le diocèse a prévu un dispositif pratique. Les fidèles sont invités à stationner leur véhicule au Mémorial ACTe, point d’arrivée du cortège. Des navettes assurées par Karulis circuleront entre 14h40 et 16h03 entre le MACTe et l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, afin que chacun puisse se rendre sereinement à la célébration sans avoir à revenir à pied après la procession.
Une mémoire ancrée dans la doctrine sociale de l’Église
Mgr Philippe Guiougou rappelle que la condamnation de l’esclavage s’enracine profondément dans les Écritures et dans la doctrine sociale de l’Église. « Toute pratique qui nie la dignité fondamentale de l’homme est en contradiction avec l’amour de Dieu », insiste-t-il. La journée du 27 mai se veut ainsi un moment fort de recueillement, de prière et de communion, pour que les mémoires blessées puissent guérir et que la société guadeloupéenne avance sur le chemin de la réconciliation.
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