Coiffure, esthétique, maquillage ou soins du corps : à la FAEEC, à Jarry, les élèves apprennent bien plus que les gestes techniques. Hygiène, relation client, gestion ou encore entrepreneuriat font partie intégrante d'une formation pensée pour préparer les professionnels de demain.
Présent en Guadeloupe depuis les années 1980, cet établissement sous contrat avec l'Éducation nationale accueille chaque année une centaine d'élèves en CAP coiffure, CAP esthétique-cosmétique-parfumerie et brevet professionnel (BP). " Le CAP permet de travailler en institut. Avec le BP, les élèves peuvent ouvrir leur propre institut ", explique Dominique Brudey, enseignante.
La formation alterne matières générales et enseignements professionnels. Français, mathématiques, anglais, physique-chimie, secourisme et techniques professionnelles composent le programme. " Quand les élèves viennent se former, ils se rendent compte qu'il n'y a pas que prendre un peigne ou des ciseaux. Il y a beaucoup de choses à connaître ", souligne-t-elle.
Une profession qui ne s'improvise pas
Les élèves apprennent à maîtriser les techniques, mais aussi les produits, les protocoles d'hygiène et les risques liés aux pratiques. " Il y a une véritable nécessité d'être formé pour ne pas se mettre en danger soi, et ne pas mettre en danger le client ", insiste l'enseignante.
Un rappel d'autant plus important que les métiers de la beauté restent attractifs, notamment dans l'esthétique. " Beaucoup de personnes travaillent au noir maintenant. Elles regardent des tutos, reçoivent du monde à la maison, prennent 20 ou 30 euros ", observe Dominique Brudey.
De la passion au projet professionnel
Dans ce lycée, les élèves apprennent également à construire un projet professionnel. Création d'un logo, réalisation de flyers, organisation de prestations ou gestion d'une grille tarifaire et bien d'autres, font partie des apprentissages. Les journées portes ouvertes et les prestations réalisées sur modèles leur permettent aussi de gagner en assurance.
Pour Meika, 17 ans, en deuxième année d'esthétique, cette orientation est une évidence : " C'est une passion que j'ai depuis toute petite. J'ai toujours aimé coiffer ma famille, faire les ongles à la maison. "
Même constat pour Sahina, 17 ans, en coiffure : " Depuis la cinquième, je savais que c'était ce que je voulais faire. J'aimerais me spécialiser dans tout ce qui est tresses, nattes, etc. "
Toutes deux envisagent déjà d'ouvrir un jour leur propre structure. " Je ne savais pas qu'en CAP, on voyait autant de choses ", confie Meika. Une découverte qui leur permet aujourd'hui de transformer une passion en véritable projet professionnel.
Le chef-d'œuvre, un premier pas vers le projet professionnel
Dans le parcours des élèves, le " chef-d'œuvre " occupe une place particulière. Plus que le résultat final, c'est surtout la démarche qui est évaluée : le choix du sujet, les objectifs fixés, l'organisation du projet, les difficultés rencontrées et la capacité à le mener jusqu'au bout.
Les réalisations sont variées. Institut éphémère à La Désirade, soin des pieds proposé lors d'une journée en rivière, action bien-être avec l'association Mathias Forbin ou encore création d'un jeu de société inspiré du Monopoly autour des métiers de l'esthétique : autant de projets qui permettent aux élèves de gagner en autonomie.
Pour Meika, le chef-d'œuvre a été l'occasion de découvrir le soin du dos, habituellement enseigné en BP. " C'est une idée que j'avais en tête depuis longtemps. J'ai demandé à ma prof d'apprendre une compétence en plus ", explique-t-elle. Une expérience qui a conforté son envie de s'orienter vers les soins du corps.
De son côté, Sahina a imaginé un jeu des 7 familles consacré à la coiffure. " Je voulais faire apprendre aux autres un peu plus sur le métier de la coiffure ", résume la jeune fille.
À travers ces projets, les élèves apprennent ainsi à concevoir une idée, la développer et la défendre, tout en développant créativité, méthode et sens de l'organisation.

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