Dengue : le Brésil suspend le premier vaccin mondial à dose unique après deux décès suspects
Le gouvernement brésilien a annoncé lundi 8 juin la suspension temporaire du vaccin contre la dengue développé par l’institut public Butantan. Deux décès et un cas grave en soins intensifs ont été signalés parmi plus de 500 000 personnes vaccinées depuis janvier.
C’est une annonce qui secoue la communauté scientifique et sanitaire. Le Brésil a suspendu ce lundi l’utilisation du vaccin monodose contre la dengue, après l’identification de trois cas graves parmi les personnes vaccinées. Deux d’entre eux ont été fatals : un homme de 58 ans et une femme de 48 ans. Une troisième femme, âgée de 38 ans, a dû être placée en soins intensifs mais est depuis sortie de l’hôpital. Le vaccin, développé par l’institut public brésilien Butantan, avait été homologué en novembre dernier par les autorités sanitaires. Il s’agissait du premier vaccin au monde à dose unique contre la dengue.
Entre janvier et fin mai, 501 044 personnes ont reçu une dose, principalement des professionnels de santé. Parmi elles, 3 703 ont présenté des symptômes similaires à ceux de la dengue (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, nausées, éruptions cutanées), soit 0,7 % du total. Quarante-deux cas ont été qualifiés de « réactions plus sévères ». « Même si les 42 cas les plus sévères ne représentent que 8 cas sur 100 000, nous avons décidé d’interrompre la vaccination à titre temporaire par précaution », a déclaré le ministre de la Santé, Alexandre Padilha, lors d’une conférence de presse.
« Un signal d’alerte » : la prudence du gouvernement
Le ministre a été prudent : « Il n’y a pas de données suffisantes pour établir un lien de cause à effet entre le vaccin et ces trois cas graves, mais c’est un signal d’alerte ». Il a également qualifié ces effets indésirables « d’absolument inattendus », car ils n’avaient pas été observés lors des essais cliniques. Le vaccin avait été testé sur plus de 16 000 volontaires dans 14 États brésiliens, avec une efficacité démontrée de 91,6 % contre les formes graves de la maladie. La suspension est donc temporaire, le temps que les enquêtes déterminent s’il existe réellement un lien de causalité entre le vaccin et les décès.
Un contexte de forte endémie dengue au Brésil
La dengue, transmise par le moustique tigre, provoque une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des nausées et des éruptions cutanées. Dans de rares cas, elle peut être mortelle. En 2024, le Brésil a enregistré plus de 6 000 décès liés à la dengue, soit près de la moitié du total mondial. La situation s’est nettement améliorée en 2025. L’autre vaccin disponible à l’échelle mondiale, le TAK-003, nécessite deux doses espacées de trois mois. L’avantage du vaccin brésilien était sa dose unique, permettant d’accélérer et de faciliter les campagnes de vaccination de masse. Cet avantage est aujourd’hui suspendu.
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