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Guyaweb en garde à vue ! | Guyaweb, site d’information et d’investigation en Guyane

12 June 2026
This content originally appeared on Guyaweb – Actualités en Guyane.
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Guyaweb en garde à vue !

Katia Leï-Sam, directrice de la publication et Frédéric Farine, journaliste, ont reçu une convocation judiciaire, dans le cadre d’une enquête préliminaire confiée à Fort de France pour « divulgation d’information personnelle permettant d’identifier ou de localiser une personne dépositaire de l’autorité publique et exposant à un risque direct d’atteinte à la personne »

Ils vont, tous deux, être mis en garde à vue (!) leur a indiqué le major chargé de l’enquête à la section de recherche de la gendarmerie de Cayenne à la Madeleine.

Explications sur ces « nouveaux faits » lunaires.

« Ca ressemble à une procédure-bâillon » analyse un confrère journaliste.

C’est un vieux dossier. L’article en cause date… de mars 2024. Il y aurait donc 2 ans et 3 mois, soit plus de 800 jours !

Mercredi 17 juin à 8h30, Frédéric Farine, journaliste et Katia Leï-Sam, directrice de la publication sont convoqués à la section de recherches (!) de la gendarmerie de Cayenne à La Madeleine

Ils sont tous deux soupçonnés d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de « divulgation d’information personnelle permettant d’identifier ou de localiser une personne dépositaire de l’autorité publique et exposant à un risque direct d’atteinte à la personne».

Nos collaborateurs vont évidemment contester l’élément intentionnel.

Rappel : Guyaweb avait simplement donné le nom du magistrat concerné Alexandre Rousselet-Magri et illustré l’article par sa photo prise sur le site du Sénat où on le trouve toujours.

Le ou les articles publiés par Frédéric Farine s’inscrivaient dans une démarche journalistique classique : rendre compte d’une information d’intérêt public : l’exfiltration d’un magistrat à la suite de menaces indirectes de mort d’une « faction » brésilienne, les conditions de fonctionnement de la justice en Guyane, les mesures de protection des magistrats.

Le journaliste a questionné le procureur général et attendu une réponse avant publication.

Notons que ce n’est pas un délit de presse.

« C’est la procureure de la République à Fort de France qui a demandé à ce que vous soyez entendu sous le régime de la garde à vue » a-t-on dit à nos collègues, à deux moments distincts, en leur remettant en main propre leur procès-verbal de convocation judiciaire dans le cadre d’une enquête préliminaire.

Notons que la garde à vue répond à des critères précis, elle doit être « l’unique moyen » de parvenir à l’un des objectifs égrenés par le code de procédure pénale :

L’avocat de Guyaweb, Basile Ader, ancien vice-bâtonnier de Paris, qui fut précédemment celui de La Semaine Guyanaise, ne s’en remet pas : « Une mesure de garde à vue dans une affaire de presse, ça ne s’est pas vu depuis des années ! Elle intervient, en outre, plus de deux ans après la parution de l’article. Ça me semble être une mesure de rétorsion contre ce titre et ce journaliste, qui est contestable tant sur le fond que dans la forme ».

La Rédaction