Local News

Procès Chalus : le tribunal tranchera le 30 septembre

29 June 2026
Promote your business with NAN

Trois ans de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité ont été requis contre le président de la Région Guadeloupe. Après trois jours d'audience, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 30 septembre.

Après plus de six heures de débats, le tribunal a mis en délibéré l'affaire concernant Ary Chalus, poursuivi notamment pour détournement de fonds publics. La décision sera rendue le mercredi 30 septembre à 13 h 30 au tribunal judiciaire de Paris.

Avant cela, le Parquet national financier (PNF) a demandé la condamnation du président de la Région Guadeloupe à trois ans de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende, cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi qu'une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans. Le parquet a également requis l'affichage de la condamnation à la mairie concernée ainsi que sa publication pendant deux mois dans plusieurs médias.

Concernant sa fille, Nathalia Chalus, poursuivie pour recel de détournement de fonds publics, le ministère public a requis six mois de prison avec sursis et 25 000 euros d'amende.

" Nous reconnaissons des erreurs "

Face à ces réquisitions, les trois avocats d'Ary Chalus ont tenté de convaincre le tribunal qu'il ne s'agissait pas d'un dossier de détournement de fonds publics mais d'une succession d'erreurs administratives.

" Nous reconnaissons des erreurs ", a résumé Me Samuel Seauphanor. " Les peines sont au-delà du raisonnable ", a-t-il estimé, réclamant la relaxe totale de Nathalia Chalus et une relaxe partielle pour le président de Région.

Me Charlotte Fichel-Brenner a insisté sur l'évolution des règles applicables aux frais de mandat. " Il était peut-être dans l'erreur, une erreur d'appréciation, mais pas dans un détournement de fonds publics ", a plaidé l'avocate, tout en soulevant la question de la prescription d'une partie des faits.

La défense a également dénoncé " une absence considérable de pièces " et des dysfonctionnements dans les contrôles administratifs.

Un chèque remis en pleine audience

Moment inhabituel de cette dernière journée : au cours de sa plaidoirie, Me Samuel Seauphanor a remis un chèque de 25 286,57 euros à l'avocat de l'Assemblée nationale, Me Antoine Marchand.

Selon la défense, cette somme correspond aux dépenses que son client reconnaît aujourd'hui comme irrégulières, tout en contestant l'essentiel des accusations portées par le PNF.

Pour Me Antoine Marchand, ce geste constitue " une forme de reconnaissance d'un certain nombre d'irrégularités ", tout en rappelant que les montants contestés par le parquet sont sans commune mesure avec ce remboursement.

" Ma conscience est tranquille "

Invité à s'exprimer une dernière fois, Ary Chalus s'est montré particulièrement ému.

" Je suis né dans une famille de sept enfants sans papa. Je continuerai à rester gentil. Si je dois prendre des coups pour que d'autres puissent réussir, je prendrai des coups ", a-t-il déclaré devant le tribunal.

À la sortie de l'audience, il a vivement contesté les réquisitions du PNF. " Ma conscience est tranquille. Je n'ai pas triché. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel ", a-t-il affirmé, estimant que les débats avaient démontré la légalité de nombreuses dépenses contestées.

Après trois journées d'audience, le tribunal dispose désormais de trois mois pour trancher ce dossier aux lourdes conséquences politiques. Son jugement sera rendu le 30 septembre 2026.