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Les époux Lambert condamnés avec sursis, mais plus sévèrement que les réquisitions

10 July 2026
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Pour avoir expulsé manu-militari leurs locataires fin décembre 2023, Thierry Lambert écope de dix mois d'emprisonnement avec sursis et son épouse de quatre mois avec sursis.

Le jugement est tombé et il est plus sévère qu'attendu. Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a rendu son délibéré, condamnant Thierry et Maud Lambert pour l'expulsion particulièrement brutale de leurs locataires du Lamentin, en décembre 2023. Les magistrats ont retenu leur culpabilité pour des faits de manœuvres, propagande, dégradations et vol en réunion, infligeant au couple des sanctions supérieures, pour le principal prévenu, aux réquisitions du parquet.

"Une véritable mise en scène"

Lors de l'audience du 24 avril dernier, le président du tribunal avait déjà sévèrement mis en cause la mauvaise foi de Thierry Lambert. Au cœur des débats figurait notamment la version avancée par les époux, qui affirmaient avoir été eux-mêmes privés de leur habitation et contraints de vivre sous une tente avec leurs enfants. Une présentation que l'avocat des victimes, Maître Alain Roth, avait qualifiée de " véritable mise en scène destinée à susciter la compassion de la population ", dénonçant une manipulation reposant sur une précarité qu'il estimait totalement fictive. Le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du ministère public, qui sollicitait six mois d'emprisonnement avec sursis contre Thierry Lambert. Celui-ci est finalement condamné à dix mois de prison avec sursis, tandis que son épouse, Maud Lambert, écope de quatre mois avec sursis. Les deux prévenus devront également s'acquitter d'une amende de 500 euros chacun.

Réparer un traumatisme majeur

Si cette décision peut encore faire l'objet d'un appel, le volet pénal est désormais tranché. Le dossier va à présent s'ouvrir sur le terrain des intérêts civils, où les victimes entendent réclamer officiellement une indemnisation à la hauteur des préjudices subis. Expulsée sous la pression d'une importante mobilisation populaire organisée à l'appel d'un collectif, la famille avait vu son logement vidé et ses effets personnels pillés, avant de devoir reconstruire sa vie dans un mobile-home, dans l'Hexagone. Lors du procès, la partie civile avait évalué le préjudice global à 629 000 euros, obtenant dans l'attente une hypothèque judiciaire de 200 000 euros sur la maison des propriétaires. La prochaine étape judiciaire portera désormais sur la réparation financière de ce que les victimes considèrent comme un traumatisme majeur.