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Explosion à Montebello : la CGTG met en cause la direction et annonce une action en justice

30 July 2026
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Près d'une semaine après l'explosion de la chaudière de la distillerie Montebello, à Petit-Bourg, qui a coûté la vie à deux salariés et fait plusieurs blessés graves, la CGTG hausse le ton. Dans un communiqué, le syndicat dénonce de graves manquements de l'entreprise, critique l'action de l'État et annonce son intention de se constituer partie civile.

Pour la Confédération générale du travail de Guadeloupe (CGTG), le drame survenu le 24 juillet ne relève pas de l'accident. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, le syndicat estime qu'il s'agit d'" une mise à mort " et affirme que l'explosion aurait pu être évitée.

La centrale syndicale rappelle que le bilan humain est particulièrement lourd : deux salariés ont perdu la vie, dont l'un venait d'adhérer à la CGTG, tandis que trois autres ont été grièvement blessés. Elle évoque également les conséquences psychologiques pour les autres salariés ainsi que pour les riverains des sections Carrère et Branne, à Petit-Bourg.

Des contrôles et des manquements pointés du doigt

La CGTG affirme que plusieurs inspections de la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL), réalisées entre 2016 et 2024, avaient mis en évidence des non-conformités concernant notamment la gestion des déchets, les prélèvements d'eau, les nuisances sonores et les rejets atmosphériques. Selon le syndicat, ces contrôles avaient conduit à deux mises en demeure préfectorales, qui n'auraient pas été respectées.

Le communiqué évoque également une inspection du pôle des risques technologiques datant de juillet 2025, portant sur l'installation d'une nouvelle chaudière au fioul. La CGTG soutient que cette installation aurait été réalisée sans déclaration préalable.

Le syndicat dénonce par ailleurs les conditions de travail au sein de la distillerie, évoquant des dépassements de la durée légale du travail et des heures supplémentaires qui n'auraient pas été rémunérées.

La CGTG veut se constituer partie civile

S'appuyant sur les témoignages de proches d'une des victimes, la CGTG affirme que le salarié décédé faisait part de ses inquiétudes concernant la sécurité sur son lieu de travail.

Le syndicat apporte son soutien aux familles endeuillées et annonce son intention de se constituer partie civile aux côtés des proches des victimes. Cette action viserait la SAS Distillerie Montebello, son directeur général ainsi que l'État, dont la CGTG dénonce l'inaction face aux manquements qu'elle estime avoir été relevés au fil des années.

Alors que l'enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer les causes exactes de l'explosion et d'établir d'éventuelles responsabilités, les conclusions des investigations seront déterminantes pour faire la lumière sur les circonstances de cette catastrophe industrielle.