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« Les Noirs et les Arabes sont des voleurs » : l’ex-patron du Régent Café jugé à Bordeaux pour injures racistes

08 September 2026
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Le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé lundi 7 septembre l’ex-propriétaire du célèbre restaurant Le Régent Café, poursuivi pour avoir proféré des injures racistes envers ses salariés le 6 octobre 2025. Absent à l’audience, il n’a pas entendu le procureur requérir 1 000 euros d’amende et un stage de citoyenneté à son encontre.

L’audience s’est ouverte par la diffusion d’une vidéo de surveillance, sans le son. On y voit le propriétaire du Régent Café, nerveux, frapper du poing sur le comptoir à plusieurs reprises. Selon les salariés, pour la plupart aujourd’hui en arrêt ou licenciés, Daniel Marion aurait tenu des propos particulièrement choquants ce 6 octobre 2025 : « Les Noirs et les Arabes sont des voleurs », « les minorités sont trop présentes » ou encore « passer le balai, c’est du travail d’Arabe ».

Les insultes auraient duré plusieurs heures. Le prévenu, absent à l’audience, affirme ne « se souvenir de rien ». Selon un directeur qui s’est exprimé à la barre, Daniel Marion est un « alcoolique invétéré ». Ce jour-là, il serait arrivé au restaurant après un repas d’affaires au cours duquel trois bouteilles de vin et de champagne auraient été partagées à deux. Il nie toutefois être raciste.

« Infraction caractérisée » : les réquisitions du procureur

À l’issue des débats, la procureure de la République a requis une peine de 1 000 euros d’amende et un stage de citoyenneté. Elle a estimé que l’infraction était « caractérisée ». L’avocat de Daniel Marion, en revanche, a plaidé la relaxe, arguant que les accusations reposent sur des « on-dit » et des « choses inexactes ». Il a assuré que son client, absent à l’audience, « est désolé de ce qu’il s’est passé » et que cette absence « n’est pas un évitement ».

Une peine « pas à la hauteur » pour les victimes

Du côté des parties civiles, la déception domine. Xavier Labuthie, Guadeloupéen qui figure parmi la quinzaine de salariés ayant déposé plainte, estime que la peine requise n’est « pas à la hauteur » de la gravité des propos. Une ancienne employée a également témoigné : Daniel Marion lui aurait demandé de retirer sa plainte en échange d’une augmentation, sous peine d’être licenciée. Elle a refusé et a effectivement été renvoyée. L’une des avocates des parties civiles a salué « le courage de dénoncer » de la part des employés, qui « attendent toujours des excuses ».

Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Elle sera rendue le 5 octobre prochain. En attendant, les salariés, qui se sont massés devant le palais de justice de Bordeaux, espèrent que la justice reconnaîtra la gravité des faits. Pour eux, ce procès est bien plus qu’une simple condamnation : il s’agit d’une victoire symbolique contre le racisme ordinaire en milieu professionnel.