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Agriculture ultramarine : les députés guadeloupéens alertent sur 24 millions d’euros de crédits menacés

01 October 2026
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À quelques heures de la présentation du projet de loi de finances pour 2027, Élie Califer, Christian Baptiste, Max Mathiasin et Olivier Serva demandent au Premier ministre de préserver les moyens consacrés à l'agriculture des outre-mer. Près de 24 millions d'euros de crédits nationaux seraient menacés, selon les parlementaires.

La menace d'une réduction des crédits consacrés à l'agriculture ultramarine inquiète les quatre députés guadeloupéens. Dans un courrier adressé au Premier ministre, Élie Califer, Christian Baptiste, Max Mathiasin et Olivier Serva demandent au gouvernement de " sanctuariser " l'intégralité des moyens dédiés au secteur dans le projet de loi de finances pour 2027.

Selon les parlementaires, près de 24 millions d'euros de crédits nationaux pourraient être concernés. Une enveloppe qu'ils jugent déterminante pour les exploitants ultramarins, alors que les filières doivent déjà composer avec des contraintes économiques et climatiques importantes.

Près de 17 millions d'euros en jeu pour la canne-sucre-rhum

La filière canne-sucre-rhum concentre une grande partie des inquiétudes. Les députés évoquent une baisse potentielle de près de 17 millions d'euros des soutiens nationaux qui lui sont consacrés.

Pour les signataires, une telle diminution aurait des conséquences directes sur le revenu des planteurs et sur l'équilibre économique de l'industrie sucrière. Ils soulignent également la fragilité d'une filière considérée comme stratégique pour l'économie des territoires ultramarins.

Les élus mettent en parallèle cette perspective avec les dispositifs de soutien accordés à l'agriculture hexagonale, notamment pour répondre aux conséquences des épisodes de sécheresse.

Diversification et banane également sous tension

Les filières de diversification seraient elles aussi concernées. Les députés rappellent notamment la suppression, en 2026, de l'abondement national de 5 millions d'euros consacré au Régime spécifique d'approvisionnement (RSA), après sa mise en place en 2025. Ce dispositif contribue notamment à réduire le coût des intrants pour les éleveurs.

À cette suppression pourrait désormais s'ajouter, selon les parlementaires, la mise en place de mécanismes de stabilisation budgétaire concernant les aides issues du Comité interministériel des Outre-mer (CIOM).

La filière banane fait également l'objet d'une vigilance particulière. Les députés rappellent les mesures d'urgence prises ces dernières années face à sa situation économique, ainsi que la démarche engagée en 2026 auprès de la Commission européenne pour faire évoluer son régime d'aide.

" Sanctuariser " les moyens de l'agriculture ultramarine

Pour les quatre élus, une baisse des crédits nationaux serait difficilement compatible avec l'objectif affiché de renforcement de la souveraineté alimentaire des outre-mer. Ils estiment que les dispositifs de soutien ne constituent pas des aides accessoires, mais répondent à des contraintes structurelles propres aux territoires.

Le courrier intervient également alors qu'une mobilisation est engagée à Bruxelles autour d'une revalorisation de l'enveloppe européenne du POSEI.

Les députés préviennent enfin que, si les réductions annoncées étaient confirmées dans le projet de loi de finances 2027, ils ne pourraient " soutenir un projet de budget " entérinant ce recul. Ils demandent donc au gouvernement de préserver a minima l'ensemble des crédits actuellement consacrés à l'agriculture ultramarine.