Actes antireligieux en hausse : la Guadeloupe et les Outre-mer de plus en plus touchés
Selon le bilan annuel du ministère de l’Intérieur publié en avril 2026, les actes antireligieux ont fortement augmenté en France en 2025 et les territoires d’Outre-mer n’ont pas été épargnés. La Guadeloupe, comme la Martinique et la Polynésie française, a connu une hausse significative des dégradations et des vols visant les lieux de culte.
L’année 2025 est marquée par une forte hausse des actes antichrétiens en Outre-mer, avec 41 faits recensés, soit une augmentation de 128 % par rapport à 2024. Cette tendance concerne principalement la Polynésie française (11 faits), la Martinique (15 faits) et dans une moindre mesure, la Guadeloupe, où les autorités ont également enregistré une progression des atteintes aux biens et aux personnes. Ce bond s’explique en partie par une meilleure remontée des faits, mais aussi par une recrudescence des vols d’objets cultuels et des dégradations sur les édifices religieux.
Dans l’archipel guadeloupéen, les atteintes aux lieux de culte sont principalement constituées de vols d’objets religieux (calices, statues, tableaux) et de dégradations (vitraux brisés, tags, effractions). Les églises les plus isolées sont particulièrement vulnérables, faute de systèmes de vidéoprotection ou de présence humaine régulière. Les autorités locales, en lien avec les paroisses et les associations de fidèles, tentent d’améliorer la sécurisation des bâtiments cultuels. Des diagnostics de sûreté sont proposés par les gendarmes référents, et des subventions existent pour l’installation de caméras ou de dispositifs anti-intrusion.
Une sous-estimation chronique des actes
Comme dans l’Hexagone, de nombreux actes antireligieux ne font pas l’objet de plaintes en Outre-mer. Les victimes invoquent souvent la peur de représailles, la lassitude ou le sentiment que les auteurs ne seront jamais identifiés. Les autorités estiment que les chiffres réels sont donc très probablement plus élevés que ceux communiqués. Pour y remédier, la plateforme Ma Sécurité (masecurite.interieur.gouv.fr) permet désormais de signaler en ligne tout acte antireligieux, avec une mise en relation directe avec les forces de l’ordre.
Le ministère de l’Intérieur a déployé en 2025 un module national de sensibilisation à destination des représentants des cultes. Le programme de « sécurisation des sites cultuels » (SSC) finance également des équipements de protection (vidéosurveillance, portes blindées, interphones) pour les églises, mosquées et synagogues. Les lieux de culte guadeloupéens sont éligibles à ces aides, déposées via la préfecture. Les petites paroisses rurales, souvent dépourvues de moyens, restent les plus exposées. Face à ce constat, l’État et les collectivités locales sont invités à renforcer leur soutien financier et technique.
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