Par Marie VANDEWOESTYNE [email protected]

« Il s'agit d'un scandale sanitaire, moral et institutionnel », commente un de nos interlocuteurs qui préfère garder l'anonymat.
Notre dossier de mercredi qui évoque l'affaire des
corps oubliés continue à faire réagir. Un de nos interlocuteurs,
proche du dossier, nous indique que tout a commencé par un courrier
administratif adressé par le CHU au préfet. Il informe ce dernier
que la mairie des Abymes refuse de délivrer des permis d'inhumer et
de financer les obsèques des personnes indigentes décédées sur le
territoire de la commune. Une obligation légale pourtant inscrite
dans le Code général des collectivités territoriales. C'est à la
municipalité de prendre en charge financièrement l'inhumation des
plus démunis (lire notre dossier de mercredi). « On parle
précisément de 50 corps qui n'ont pas été inhumés en tout »,
indique une source proche du dossier. Parmi eux, trente sont
toujours dans les chambres froides du CHU, dont vingt-deux très
jeunes enfants, morts à quelques jours ou quelques mois de vie.
« Ce ne sont pas des fœtus », précise cette même source,
démentant certaines rumeurs. Les vingt autres avaient été confiés à
une société de pompes funèbres privée : les pompes funèbres
Duhamel, dirigées par Bruno Manco, basées au Gosier.