essai
Par Stéphanie VÉLIN [email protected]

Avec « Vivre, libre : exister au cœur de la suprématie blanche » (La Découverte, 2025), Amandine Gay poursuit un travail de longue haleine : politiser l'intime pour rendre lisibles les mécanismes d'une oppression systémique encore largement niée en France.
C'est sans doute le documentaire qu'elle a réalisé
en 2017, Ouvrir la voix qui l'a fait connaître au grand
public. Une série de récits individuels autour du vécu de femmes
noires françaises. Tant de voies qui ressemblent à celles que nous
empruntons. Mais, racontées face caméra, celles-là, sorties des
alcôves. Avec la même constance, un peu moins de dix ans après,
Vivre, libre : exister au cœur de la suprématie blanche
est un essai écrit pour sortir le débat racial de l'impensé.
Je n'est pas un jeu
Ce choix formel s'inscrit dans une filiation
revendiquée avec de grandes figures de la pensée critique noire,
les féministes noires américaines telles que Bell Hooks ou Audre
Lorde pour qui l'écriture à la première personne n'est ni
illégitime ni anecdotique. « Est-ce qu'il faut avoir une
maîtrise en sciences sociales pour lire mes livres ? J'espère
que non », résume Amandine Gay, évoquant son souci
d'accessibilité. Son approche s'inscrit aussi dans la lignée des
travaux de...
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