Local News

Après l’arrêt de l’Ozempic, le terrible effet rebond : une étude alerte sur la reprise de poids ultra-rapide

09 January 2026

Perdre 15 kg avec les nouveaux traitements anti-obésité comme l'Ozempic ou le Wegovy, pour en reprendre 10 en un an à peine après l'arrêt. Une vaste étude britannique, publiée le 8 janvier, révèle que la reprise de poids est quatre fois plus rapide avec ces médicaments qu'après un régime traditionnel.

Les agonistes du GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide) ont changé la donne dans le traitement de l'obésité, permettant une perte de masse corporelle de l'ordre de 15 à 20 %. Mais cette prouesse thérapeutique cache un revers de taille : son caractère fugace. Selon la méta-analyse publiée dans le British Medical Journal, les patients qui cessent le traitement voient la majorité de leurs bénéfices s'envoler en quelques mois. Les chiffres sont sans appel. L'analyse de 37 études montre qu'après l'arrêt de ces traitements, les patients reprennent en moyenne 10 kg en un an. Selon les projections des chercheurs de l'Université d'Oxford, ils retrouvent leur poids initial au bout de seulement 18 mois. Les améliorations cardiométaboliques (tension, cholestérol) suivent la même courbe descendante et disparaissent en 15 mois.

Le contraste avec les méthodes conventionnelles est frappant. Les personnes ayant perdu du poids via des changements d'hygiène de vie (régime et exercice) mettent environ quatre ans à regagner les kilos perdus. À l'inverse, avec les médicaments du type GLP-1, la reprise est quatre fois plus rapide. " Cette prise de poids est systématiquement plus rapide après la prise de médicaments, quel que soit le poids perdu au départ ", souligne Sam West, principal auteur de l'étude.

Traitement à vie ? La lourde équation économique et médicale

Cette réalité biologique pose une question cruciale : la durée du traitement. L'obésité étant une maladie chronique, " on pourrait s'attendre à ce que ces traitements doivent être poursuivis à vie, comme les médicaments contre l'hypertension ", explique la Pr Susan Jebb, co-autrice. Cette perspective de traitement chronique se heurte à un obstacle de taille : leur coût exorbitant (plus de 1 000 dollars par mois aux États-Unis), qui interroge leur financement par les systèmes de santé publique.

Le message central de l'étude est un appel à une vision intégrée. " Ces médicaments constituent un point de départ, pas un remède ", alerte le chercheur Garron Dodd. Ils doivent impérativement s'accompagner d'une rééducation profonde et durable des comportements : apprentissage nutritionnel, activité physique régulière et, à terme, des thérapies ciblant la régulation cérébrale de la faim et de la satiété. Sans ce volet comportemental, le médicament ne fait que retarder l'inéluctable.

Cette étude sonne comme un avertissement : dans la lutte contre l'obésité, il n'existe pas de solution unique et rapide. L'efficacité phénoménale de ces nouveaux traitements ne doit pas occulter la nécessité absolue d'un changement de mode de vie, seul garant d'une réussite pérenne.