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Après sa capture, Maduro plaide non coupable de trafic de drogue à New York

05 January 2026

Le chef de l'Etat vénézuélien déchu Nicolas Maduro, capturé samedi par l'armée américaine, a plaidé lundi non coupable à New York des accusations de trafic de drogue retenues contre lui, et assuré être " toujours le président " de son pays.

Je suis innocent, je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête ", a lancé, selon CNN, l'ancien leader de 63 ans devant le juge du Southern District de Manhattan qui lui a signifié officiellement son inculpation pour quatre chefs d'accusation.

Comparaissant à son côté, son épouse Cilia Flores, 69 ans, a également plaidé non coupable.

Quelques dizaines de partisans et opposants du président se sont massés aux abords du tribunal, se faisant face.

" Aujourd'hui, c'est mon anniversaire, et c'est le plus beau cadeau que j'aie jamais reçu de toute ma vie ", dit Angel Montero, Vénézuélien de 36 ans, qui " tient à remercier Donald Trump " pour l'impressionnante opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro.

Dans le même temps à Caracas, de nombreux députés ont scandé " Allez Nico " en soutien à leur président défait, lors de l'ouverture d'une nouvelle session de l'Assemblée nationale

 " Corrompu et illégitime " 

Nicoals Maduro et son épouse sont visés aux Etats-Unis par un nouvel acte d'accusation publié samedi, aux côtés de quatre autres personnes - qui n'ont pas été arrêtées - dont le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays, et le fils de Nicolas Maduro.

Le leader vénézuélien était " à la tête d'un gouvernement corrompu et illégitime qui, depuis des décennies, a utilisé le pouvoir de l'Etat pour protéger et promouvoir des activités illégales, notamment le trafic de drogue. Ce trafic a enrichi et solidifié l'emprise de l'élite politique et militaire vénézuélienne ", écrit l'acte d'accusation.

Il est notamment accusé de s'être allié avec des mouvements de guérilla y compris colombiens, que Washington considère comme " terroristes ", ainsi qu'à des cartels criminels pour " acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis ".

Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée dirigeante vénézuélienne par intérim à l'issue de la spectaculaire opération menée samedi par les forces spéciales américaines, a affiché sa volonté de coopérer avec les Etats-Unis dans le cadre de relations " équilibrées et respectueuses (...) fondées sur l'égalité souveraine et la non-ingérence ".

Celle qui était la vice-présidente de Nicolas Maduro montre ainsi un premier signe d'ouverture envers Donald Trump, qui l'a mise en garde : " si elle ne fait pas ce qu'il faut ", elle subira un sort pire que celui réservé au président déchu.

"Cuba prêt à tomber"

De nombreux pays contestent la légalité de l'intervention américaine, présentée par les Etats-Unis comme une  "opération de police" .

Lors d'une réunion d'urgence lundi matin du Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire général Antonio Guterres a appelé au respect de l' "indépendance politique"  des Etats, dans un texte lu par une adjointe.

Certains alliés des États-Unis, dont l'Union européenne, ont exprimé leur inquiétude. A Paris, Emmanuel Macron a affirmé que la  "méthode utilisée"  par les Etats-Unis pour capturer Nicolas Maduro, n'était  "ni soutenue ni approuvée"  par la France.

Lors de l'opération, minutieusement préparée, 32 membres des services de sécurité cubains ont été tués, a précisé le gouvernement de ce pays allié de Caracas.

 "Cuba est prêt à tomber" , a déclaré M. Trump à bord d'Air Force One, estimant qu'il serait difficile pour ce pays de  "tenir le coup"  sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.

Le président américain a affirmé dimanche soir qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait  "une bonne idée".

Si les Etats-Unis assurent ne plus vouloir s'impliquer dans les affaires politiques d'autres pays comme en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.

Il a affirmé qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter l'or noir du Venezuela, qui vend son pétrole de mauvaise qualité sur le marché noir à destination notamment de la Chine.

Bien qu'aucune force américaine connue ne soit restée à l'intérieur du Venezuela, une présence navale massive, incluant un porte-avions, demeure au large des côtes.