Barbade : la Première ministre Mia Mottley annonce la tenue d’élections le 11 février à la Barbade
Par Jacques VILUS

À la Barbade, la " dame de fer " des Caraïbes tente le coup de trois. Mia Mottley, première ministre de ce petit État insulaire devenue une figure de proue de la diplomatie climatique mondiale, a annoncé le 18 janvier la tenue de décisions législatives anticipées. Les électeurs sont appelés aux urnes le 11 février 2026, soit avant l'échéance constitutionnelle prévue pour 2027.
Ces sélections interviennent alors que des pays se retrouvent à la croisée des chemins, entre une économie touristique en pleine mutation et des défis sécuritaires qui agitent l'opinion. L'annonce place l'opposition devant le fait accompli. Mia Mottley, à la tête du Barbados Labour Party (BLP), cherche à renouveler son mandat pour consolider sa position après une période de turbulences internes. Si elle avait réussi l'exploit historique de remporter les 30 sièges de l'Assemblée en 2022, le paysage politique a depuis évolué. En 2024, Ralph Thorne a rejoint les rangs du Parti travailliste démocratique (DLP) pour en devenir le chef, redonnant ainsi une voix officielle à l'opposition au sein du Parlement. Pour Mia Mottley, dissoudre l'Assemblée dès ce 19 janvier est une manière de couper l'herbe sous le pied d'une opposition qui commençait à se réorganiser.
La sécurité, nouvel enjeu majeur du contrôle
Si Mia Mottley jouit d'une aura internationale en tant qu'architecte de “l'Initiative de Bridgetown" visant à réformer le système financier mondial, la situation sur le front intérieur est plus contrastée. Le début de l'année 2026 est marqué par une montagne de tensions liées à la criminalité armée. Le 3 janvier, le Premier ministre a tenu une conférence de presse pour réagir à une série d'incidents violents survenus pendant les festivités. Dans un pays dont l'économie repose sur l'image de la sécurité vendue aux touristes, cette insécurité est le principal argument de ses opposants.
Une influence qui franchit les frontières
Pour la communauté internationale, et particulièrement pour les Nations unies dont elle est une alliée de poids, le maintien de Mia Mottley au pouvoir est scruté de près. Sa voix, qui porte les revendications des pays vulnérables face aux grandes puissances polluantes, a fait de la Barbade un acteur diplomatique majeur. Le 11 février, les Barbadiens devront trancher : accorder une nouvelle confiance à la femme qui a transformé leur île en République, ou exiger un rééquilibrage démocratique au sein d'une Assemblée aujourd'hui quasi monocolore.
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