La préfecture de Guadeloupe annonce une hausse "mécanique" des carburants, directement liée à la flambée des cours du pétrole dans un contexte de conflit au Moyen-Orient. Si le super sans plomb subira une augmentation "modérée", le gazole sera plus lourdement impacté.
C'est une nouvelle qui va peser sur les budgets des Guadeloupéens. Après avoir été "provisoirement préservée" des tensions internationales grâce au système de fixation administrée des prix, la Guadeloupe verra ses tarifs à la pompe augmenter mécaniquement au 1er avril. Depuis plusieurs semaines, les marchés mondiaux de l'énergie sont sous tension. La préfecture évoque "une situation de conflit exceptionnel au Moyen-Orient" qui a entraîné "une dégradation rapide de la conjoncture énergétique mondiale". La baisse et le blocage de la production dans la région ont provoqué une augmentation "très significative" des cours des produits pétroliers.
Si le système de régulation des prix a permis de lisser les variations et d'épargner les consommateurs guadeloupéens pendant le mois de mars, l'effet rattrapage est désormais inévitable. La préfecture annonce que la hausse sera "modérée" pour le super sans plomb, mais "plus forte" pour le gazole. Quant au gaz, les cotations ont été moins impactées par la crise, mais la dépréciation de l'euro face au dollar entraînera tout de même une augmentation "modérée" du prix de la bouteille.
Un mécanisme de fixation des prix qui protège les consommateurs
La préfecture rappelle que la Guadeloupe bénéficie d'un dispositif exceptionnel de "prix administrés", qui déroge au principe général de liberté des prix. Ce mécanisme, commun aux départements d'outre-mer, empêche les acteurs économiques de fixer librement leurs marges et leurs prix de vente. À la différence de l'Hexagone, l'État ne prélève pas de taxes sur les carburants en Guadeloupe, ce qui contribue à limiter le niveau des prix pour les usagers. Les marges de la SARA, des grossistes et des distributeurs resteront strictement encadrées à leur niveau actuel, assure la préfecture.
Face à cette annonce, la préfecture tient à rassurer la population : "il n'existe à ce stade aucun risque de pénurie de carburants en Guadeloupe". Les approvisionnements sont assurés de manière continue et sécurisée grâce à un contrat annuel de fourniture passé par la SARA avant le déclenchement de la crise, qui garantit l'approvisionnement au cours du marché. Le préfet appelle à "la responsabilité collective de la population pour éviter les phénomènes de sur-stockage, susceptibles à eux seuls de désorganiser les circuits d'approvisionnement et de générer des tensions artificielles dans la distribution". Un message clair pour éviter les ruées vers les stations-service.
Le dispositif de régulation permettra, dès que les tensions internationales s'atténueront et que les cours de l'énergie se stabiliseront, "un retour à des niveaux de prix plus modérés". En attendant, les automobilistes guadeloupéens devront s'adapter à cette nouvelle donne à compter du 1er avril.
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