Carnaval de Pointe-à-Pitre : le préfet durcit le dispositif sécuritaire après les violences
Les autorités durcissent considérablement le ton pour le prochain déboulé du carnaval de Pointe-à-Pitre, dimanche. Après une concertation de crise avec tous les élus du territoire, le préfet a annoncé un renforcement sans précédent du dispositif.
La réunion, convoquée en urgence par le préfet, a rassemblé l'ensemble de la chaîne décisionnelle : maire de Pointe-à-Pitre et de l'agglomération Cap Excellence, présidents du Conseil départemental et régional, ainsi que les parlementaires. L'objectif était clair : définir une réponse unie et ferme après les homicides et fusillades qui ont ensanglanté la semaine. De cette consultation est né un plan de sécurisation renforcé, marquant une volonté de reprendre le contrôle de l'espace public.
Le nouveau dispositif repose sur trois piliers destinés à dissuader et à intervenir massivement :
- Une surveillance aérienne inédite : Pour la première fois lors d'un déboulé, la police nationale déploiera des drones en complément de l'hélicoptère de la gendarmerie. Cette couverture aérienne doit permettre une vision globale et en temps réel des mouvements de foule.
- Un déploiement terrestre densifié : Les forces de l'ordre seront doublées dans le périmètre sécurisé. Une attention particulière sera portée aux artères sensibles : le boulevard Légitimus, les rues Frébault et Duplessis, et la place de la Victoire, qui seront saturées d'effectifs.
- Une mobilisation de toutes les collectivités : Les polices municipales des communes voisines seront sollicitées en renfort. Des camions-bennes seront utilisés comme barrières physiques pour rendre le périmètre "étanche".
Un changement d'horaire pour limiter les risques
Outre le renforcement de la sécurité, une mesure préventive notable a été actée : la modification des horaires de la parade. Initialement prévue en fin d'après-midi et soirée, elle sera désormais avancée. Le défilé se déroulera de 15h à 20h, évitant ainsi la couverture nocturne, souvent propice aux débordements et aux règlements de comptes.
Annonçant ces mesures, le préfet a lancé un solennel appel à la responsabilité collective. Le message s'adresse autant aux organisateurs et aux carnavaliers qu'à la population dans son ensemble. L'enjeu est de taille : permettre à la tradition carnavalesque, pilier de la culture guadeloupéenne, de demeurer une fête populaire et familiale, sans être otage de la violence de quelques-uns. "Le carnaval doit rester une fête", a-t-il insisté, soulignant que la sécurité renforcée est la condition sine qua non pour y parvenir. Ce plan exceptionnel témoigne du niveau d'alerte maximale des autorités. Dimanche, le test sera grandeur nature : réussir à concilier la liesse d'un événement culturel majeur avec une sécurité digne d'un dispositif de crise.
Related News
Les professionnels de santé obtiennent la généralisation du bouton anti-agression | Guy...
Suisse: l'identification des victimes se poursuit après l'incendie d'un bar, une quaranta...
Mémorial en hommage aux victimes de l'esclavage : jusqu'au 31 décembre 2025 pour inscrir...