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Chikungunya : six cas autochtones en Guyane, la Guadeloupe sous surveillance renforcée

13 February 2026

Alors qu'aucun cas n'avait été recensé en Guadeloupe depuis avril 2025, la détection de six contaminations autochtones en Guyane ravive les craintes d'une introduction du virus dans l'archipel.

Le dernier cas de chikungunya recensé en Guadeloupe remonte à avril 2025, selon l'Agence régionale de santé (ARS). Il s'agissait d'un cas importé : le patient revenait d'un séjour à La Réunion, alors en pleine épidémie. L'île de l'océan Indien a connu l'an dernier une flambée majeure, avec plus de 54 500 cas confirmés biologiquement et 45 décès liés directement ou indirectement au virus. Une résurgence vingt ans après la première grande épidémie.

Aujourd'hui, c'est la Guyane qui concentre les inquiétudes. Six cas autochtones de chikungunya y ont été détectés, relançant la vigilance des autorités sanitaires sur l'ensemble du territoire. Le virus, transmis par les moustiques du genre Aedes, pourrait profiter des déplacements humains pour s'implanter à nouveau aux Antilles. Les échanges liés aux groupes de carnaval entre la Guyane et la Guadeloupe sont particulièrement surveillés. Ils pourraient en effet favoriser l'introduction du virus dans l'archipel, où la population a été exposée lors d'une précédente épidémie il y a une dizaine d'années.

Immunité collective : des certitudes fragiles

Cette exposition passée pose la question de l'immunité collective. Selon le docteur Antoine Chéret, infectiologue au CHU de Guadeloupe, la protection acquise après une infection pourrait varier en fonction des variants en circulation. Autrement dit, avoir déjà eu le chikungunya ne garantit pas une immunité absolue face à une nouvelle souche. D'où l'importance de maintenir une surveillance active et des mesures de prévention.

Le chikungunya se manifeste par l'apparition brutale d'une fièvre souvent supérieure à 38,5 °C, accompagnée de fortes douleurs articulaires et de courbatures. Les malades doivent impérativement éviter d'être piqués afin d'interrompre le cycle de transmission du virus, une recommandation valable également pour la dengue et le Zika.

Prévention : les gestes qui sauvent

Face à cette menace, les autorités sanitaires rappellent les gestes essentiels pour limiter la prolifération des moustiques et les risques de piqûres :

- Éliminer les eaux stagnantes autour des habitations (coupelles, pneus, gouttières) ;

- Limiter la présence des moustiques en utilisant des moustiquaires et des répulsifs ;

- Porter des vêtements amples et couvrants, particulièrement en journée ;

- Appliquer des répulsifs cutanés, y compris sur les enfants et les femmes enceintes (avec précautions) ;

- Privilégier les espaces climatisés, les moustiques fuyant les environnements frais.

Un vaccin désormais disponible

Enfin, l'ARS rappelle une avancée majeure : la vaccination contre le chikungunya est possible en France depuis 2024. Un outil supplémentaire pour protéger les populations les plus exposées, en particulier dans les territoires ultramarins où le moustique vecteur est présent toute l'année. Alors que la saison du carnaval bat son plein et que les échanges entre la Guyane et la Guadeloupe s'intensifient, la mobilisation de tous, autorités, professionnels de santé et citoyens sera déterminante pour éviter une nouvelle épidémie.