Chlordécone : le Parti socialiste de Guadeloupe dénonce un ” nouveau déni de justice “
Après la confirmation du non-lieu dans l'affaire du chlordécone par la Cour d'appel de Paris, la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste fait à son tour part de sa " consternation " et de sa " colère ".
La confirmation du non-lieu dans le dossier du chlordécone continue de susciter de vives réactions en Guadeloupe. Dans un communiqué diffusé aujourd'hui (22 juin), la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste a dénoncé une décision qu'elle considère comme " une gifle de plus " infligée aux victimes de ce scandale sanitaire et environnemental.
Pour les socialistes guadeloupéens, la décision rendue par la Cour d'appel de Paris constitue un " nouveau déni de justice " dans une affaire qui empoisonne le débat public depuis plusieurs décennies et dont les conséquences continuent, selon eux, à affecter durablement les populations de Guadeloupe et de Martinique.
Une décision qui suscite incompréhension et indignation
Dans son communiqué, le Parti socialiste s'interroge sur la portée symbolique du non-lieu. Selon lui, cette décision risque d'être perçue comme une négation même de l'empoisonnement causé par le pesticide utilisé dans les bananeraies antillaises pendant plusieurs années.
Le parti souligne que les traces de contamination demeurent présentes dans l'environnement, notamment dans certains sols, cours d'eau, espaces marins et productions alimentaires. Il rappelle également que les conséquences sanitaires de cette pollution restent au cœur des préoccupations de nombreux habitants.
Pour les socialistes, l'absence de responsables désignés par la justice nourrit un sentiment d'incompréhension et d'injustice chez les victimes et les associations engagées dans ce combat judiciaire.
Soutien aux victimes et aux associations
Face à cette décision, la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste réaffirme son soutien aux parties civiles engagées dans la procédure. Elle estime que le dossier ne peut être clos en l'état et appelle à poursuivre la bataille judiciaire.
Le parti évoque notamment la possibilité d'un pourvoi en cassation ainsi que d'autres recours susceptibles d'être engagés devant les juridictions européennes. Selon lui, toutes les voies légales doivent être explorées afin que les responsabilités puissent être établies et que les victimes obtiennent les réponses qu'elles attendent depuis de nombreuses années.
Cette position s'inscrit dans la continuité des revendications portées par de nombreuses associations qui dénoncent depuis longtemps l'absence de condamnation pénale dans ce dossier.
Au-delà du volet judiciaire, les socialistes mettent également en avant les avancées législatives récentes. Ils rappellent la promulgation, le 13 juin dernier, de la loi Califer, qui reconnaît la responsabilité de l'État dans le scandale du chlordécone.
Selon la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste, ce texte constitue une étape importante vers la réparation des préjudices subis. Le parti affirme vouloir poursuivre sa mobilisation, notamment par l'intermédiaire de ses parlementaires, afin que les dispositions prévues par la loi puissent entrer pleinement en application.
L'enjeu est désormais de définir les modalités d'indemnisation des victimes, un processus qui devrait être précisé dans l'année à venir. Pour les socialistes, cette reconnaissance institutionnelle ne remplace pas la justice pénale, mais elle représente un levier essentiel pour répondre aux attentes des populations concernées par l'un des plus grands scandales sanitaires de l'histoire des Antilles françaises.
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