Chlordécone : l’État renforce les contrôles sur les marchés, une opération menée à Bergevin
Ce jeudi 19 mars en soirée, les services de l'État ont mené une opération de contrôle inopinée sur le marché de Bergevin, à Pointe-à-Pitre. Objectif : traquer la chlordécone dans les denrées alimentaires, vérifier l'étiquetage et la traçabilité.
La chlordécone, ce pesticide cancérigène utilisé pendant des décennies dans les bananeraies antillaises, continue de polluer les sols et de contaminer une partie de la production agricole locale. Face à cette réalité, l'État renforce ses contrôles. Ce jeudi 19 mars, c'est sur le marché de Bergevin, à Pointe-à-Pitre, que les services se sont déployés. C'est en début de soirée que les équipes se sont présentées sur le marché de Bergevin. Dans leurs rangs : la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF), la Direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DEETS), les forces de l'ordre, ainsi que le sous-préfet en charge de l'eau, de l'environnement et des ruralités. Une présence massive qui témoigne de la volonté affichée par les autorités d'intensifier les contrôles. "Cette démarche répond à une attente forte de la société civile : accentuer les contrôles pour mieux protéger la santé de la population", souligne le communiqué de la préfecture publié ce mardi 24 mars.
Trois objectifs, une même exigence
L'opération de Bergevin s'articulait autour de trois axes complémentaires. Le premier, et sans doute le plus attendu : contrôler la qualité sanitaire des denrées alimentaires, en particulier leur éventuelle contamination à la chlordécone. Des prélèvements ont été réalisés sur les étals. Les analyses en laboratoire permettront, d'ici quelques semaines, de déterminer si les produits présentent des traces du pesticide.
Deuxième volet : vérifier le respect des règles d'information des consommateurs. Étiquetage, traçabilité, métrologie : autant d'éléments scrutés par les agents pour s'assurer que les commerçants jouent le jeu de la transparence. Enfin, troisième objectif : informer les commerçants. Sur la réglementation en vigueur, bien sûr, mais aussi sur les risques liés à la chlordécone et les moyens de les prévenir.
Des analyses, puis des enquêtes si besoin
Les prélèvements effectués sur le marché de Bergevin sont désormais entre les mains des laboratoires. Les résultats, attendus dans quelques semaines, détermineront la suite des opérations. Si aucune anomalie n'est détectée, les commerçants en seront informés. En revanche, si des analyses révèlent une concentration en chlordécone supérieure à la valeur seuil, des enquêtes seront menées. Objectif : retracer l'origine des produits contaminés et, surtout, "mettre fin à la source de contamination".
L'opération de Bergevin n'est pas un coup isolé. Elle s'inscrit dans une stratégie plus large de l'État. En décembre 2025, une première intervention avait eu lieu sur le marché de Gourdeliane. "L'objectif est clair : garantir la sécurité alimentaire des consommateurs", martèle le communiqué de la préfecture. Et pour y parvenir, les services de l'État promettent de poursuivre ces contrôles "tout au long de l'année, dans tous types de commerces".
Un sujet de santé publique toujours brûlant
La chlordécone reste un sujet ultrasensible aux Antilles. Interdit depuis 1990 en Guadeloupe et en Martinique, le pesticide continue pourtant de polluer durablement les sols, contaminant les cultures maraîchères, les cours d'eau et la chaîne alimentaire. Face à cette pollution qui dure, les associations de consommateurs et les élus locaux réclament depuis des années plus de transparence et davantage de contrôles. Avec cette opération coup de poing sur le marché de Bergevin, l'État semble répondre présent.
Reste désormais à attendre les résultats des analyses, pour savoir si, dans les étals contrôlés, la chlordécone était bien absente. Ou si, une fois de plus, le poison des bananeraies d'hantise refait surface.
Related News
La Réunion: des coulées de lave coupent la route nationale reliant le sud à l'est
En Ukraine, des femmes se réinventent pour fabriquer des drones
Municipales: dernier jour de campagne, les yeux déjà rivés sur 2027