Après plusieurs années de reprise post-crise sanitaire, la Guadeloupe voit sa conjoncture économique se dégrader en 2025. L'activité, mesurée par le nombre d'heures rémunérées, recule de 0,2 %, plombée par la construction et l'industrie. L'emploi salarié diminue de 810 postes et le taux de chômage se stabilise à 17 %.
L'année 2025 marque un tournant pour l'économie guadeloupéenne. Après plusieurs années de rattrapage post-crise sanitaire, l'activité économique, mesurée par le nombre d'heures rémunérées, diminue de 0,2 % en 2025, après une hausse de 0,9 % en 2024. La dégradation s'est accentuée au cours de l'année : après deux premiers trimestres encore en hausse, l'activité s'est contractée au second semestre (-0,7 % au troisième trimestre, puis -0,9 % au quatrième).
Deux secteurs tirent l'activité vers le bas :
- la construction recule de 4,9 %, contribuant à hauteur de -0,5 point à l'évolution globale
- l'industrie diminue de 1,5 %, accentuant le léger recul observé en 2024
À l'inverse, le tertiaire reste orienté à la hausse, mais sa dynamique ralentit nettement. Le tertiaire marchand progresse de 0,3 %, tandis que le tertiaire non marchand affiche la plus forte hausse (+1,4 %).
L'emploi salarié se contracte : 810 postes supprimés
La dégradation de l'activité a logiquement pesé sur l'emploi. Entre fin 2024 et fin 2025, l'emploi salarié diminue de 0,6 % en Guadeloupe, soit une baisse de 810 emplois. La région compte désormais 128 430 emplois salariés, un niveau similaire à celui de fin 2023. Le secteur privé, qui concentre près des deux tiers de l'emploi salarié, est à l'origine de sept suppressions nettes sur dix (-0,7 %). Le secteur public recule plus modérément (-0,5 %).
Les secteurs les plus touchés sont :
- la construction : -5,2 % (-380 emplois), soit près de la moitié du recul total
- l'industrie : -2,0 % (-190 emplois)
- le tertiaire non marchand : -0,2 % (-120 emplois), principalement affecté par la baisse dans l'enseignement
- l'agriculture : -3,5 % (-60 emplois)
Seul le tertiaire marchand hors intérim reste stable. L'emploi intérimaire, première variable d'ajustement, recule de 5,6 % (-140 emplois).
Chômage : stabilisation à 17 %
Après avoir nettement reculé en 2024, le taux de chômage cesse de baisser en 2025. Il se stabilise à 17 % de la population active âgée de 15 ans ou plus, un niveau supérieur de 9 points à celui de la France métropolitaine. Le déficit commercial se creuse en 2025 pour atteindre 3,6 milliards d'euros. Cette dégradation tient à la contraction marquée des exportations (-12,6 %), liée notamment à la forte baisse des réexpéditions de produits pétroliers raffinés vers la Guyane (-26,6 %). Les importations reculent légèrement (-0,7 %), ce qui atténue la hausse du déficit. Hors produits pétroliers raffinés, les importations progressent de 2,1 % tandis que les exportations diminuent de 3,2 %. La France hexagonale reste le principal partenaire commercial de la Guadeloupe, à l'origine de 60 % des importations et destination de 28 % des exportations.
Inflation : net ralentissement grâce à l'énergie
Bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des ménages : l'inflation ralentit nettement en 2025. Les prix à la consommation augmentent de 1,3 % , contre 2,6 % en 2024. Ce ralentissement s'explique principalement par la baisse des prix de l'énergie, qui contribuent négativement à l'inflation (-0,4 point), en particulier le recul des tarifs de l'électricité. Les prix de l'alimentation restent le deuxième poste contributeur (+0,3 point), tandis que les services accélèrent et deviennent le principal moteur de la hausse des prix (+1,4 point).
En revanche, le trafic aérien progresse de 2,0 % pour atteindre 2,1 millions de passagers, grâce au développement de l'offre aérienne (augmentation des fréquences et nouvelles liaisons, notamment avec le Canada). Cette divergence entre baisse des nuitées hôtelières et hausse du trafic aérien suggère une diversification des modes d'hébergement (locations saisonnières, résidences touristiques, hébergement chez l'habitant). Enfin, la fréquentation liée à la croisière progresse de 3,1 %, atteignant 336 300 passagers, malgré un léger recul du nombre d'escales, grâce à l'accueil de navires de plus grande capacité.
L'année 2025 confirme un net ralentissement de l'économie guadeloupéenne après la dynamique post-Covid. La construction et l'industrie sont en crise, l'emploi recule et le chômage reste à un niveau élevé. Si l'inflation se modère, offrant un peu d'air aux ménages, le déficit commercial se creuse et le secteur touristique, bien que porté par le trafic aérien et la croisière, voit sa fréquentation hôtelière baisser. Une conjoncture morose qui appelle à la vigilance pour les mois à venir.
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