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Cybercriminalité : perquisition chez X en France, Elon Musk convoqué par la justice française

04 February 2026

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi avoir perquisitionné les locaux français de la plateforme X et avoir convoqué son propriétaire, Elon Musk, ainsi que son ancienne PDG, Linda Yaccarino, pour une audition libre en avril 2026.

L'opération judiciaire de ce mardi a été menée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris (J3), avec l'appui de l'unité nationale cyber de la gendarmerie et d'Europol. Elle s'inscrit dans le cadre d'une enquête ouverte en janvier 2025 suite à des signalements alarmants. À l'origine de cette enquête, un courrier du député Eric Bothorel (Renaissance) exprimant, en janvier 2025, de " vives inquiétudes concernant les récents changements d'algorithmes sur la plateforme, ainsi que les ingérences apparentes dans sa gestion " depuis son rachat par Elon Musk. Un second signalement d'un expert public en cybersécurité a suivi, pointant une surreprésentation de " contenus politiques nauséabonds " liée à des modifications algorithmiques.

Initialement ouverte pour des faits présumés d'administration d'une plateforme en ligne illicite en bande organisée, d'extraction frauduleuse de données et de falsification du fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données, l'enquête s'est considérablement élargie au fil des mois. En novembre 2025, les magistrats ont ajouté à leur instruction des faits de " complicité de détention et de diffusion en bande organisée d'images pédopornographiques ". Le parquet affirme avoir constaté qu'un changement d'outil de détection de ces contenus par X en 2025 avait entraîné " une baisse de 81,4 % des signalements concernant la France " adressés à l'organisme de référence américain (NCMEC) entre juin et octobre de la même année.

Le rôle problématique de Grok sous le feu des projecteurs

L'enquête examine également les agissements de Grok, l'assistant IA intégré à X. En janvier 2026, la diffusion par ce compte de fausses images dénudées générées sans consentement, principalement de femmes a provoqué un tollé. Un rapport de l'ONG AI Forensics a révélé que plus de la moitié des 20 000 images générées par Grok fin décembre 2025 représentaient des personnes peu vêtues, certaines ayant l'apparence de mineures. Une enquête pour " atteinte à la représentation de la personne " a été ouverte sur ce volet. Par ailleurs, les enquêteurs se penchent sur des faits de " contestation de crime contre l'humanité ", après que Grok a tenu des propos négationnistes sur la plateforme.

Dans un communiqué, le parquet a précisé avoir envoyé des convocations à Elon Musk, propriétaire de X, et à Linda Yaccarino, son ancienne PDG, " en leur qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits ". Ils sont invités à se présenter en audition libre le 20 avril 2026 à Paris. Des salariés de l'entreprise seront également entendus en qualité de témoins entre le 20 et le 24 avril.

Signe de la tension entre l'autorité judiciaire et le réseau social, le parquet de Paris a annoncé qu'il ne publierait plus ses communications officielles sur X, privilégiant d'autres canaux. Le cabinet d'Elon Musk et la direction de X n'avaient pas répondu aux sollicitations du Monde à l'heure de la publication de l'article source. Cette perquisition marque une escalade significative dans les confrontations judiciaires entre les autorités européennes et la plateforme détenue par le milliardaire, notamment sur les questions de modération de contenus et de responsabilité.