De la gauche au centre, la classe politique guadeloupéenne dénonce l’ingérence américaine au Venezuela
La décision américaine d'intervenir militairement au Venezuela pour capturer le président Maduro provoque une tempête diplomatique et des perturbations immédiates dans la région caribéenne. Les réactions politiques locales, de l'indignation à la solidarité, fusent.
La nouvelle a retenti comme un coup de tonnerre dans la région. Ce samedi 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé une opération militaire au Venezuela, visant à capturer le président en exercice Nicolas Maduro. Si l'événement se déroule à des milliers de kilomètres, ses conséquences se font immédiatement sentir dans l'arc antillais. La Guadeloupe, comme d'autres territoires de la Grande Caraïbe, exprime une profonde inquiétude face à cette violation de la souveraineté et à la déstabilisation régionale qu'elle annonce, tandis que les vols transatlantiques sont annulés ou modifiés.
De l'aile gauche au centre, les réactions politiques locales sont sans équivoque : une condamnation ferme de l'ingérence américaine. Le sénateur Dominique Théophile dénonce "un acte d'une gravité extrême" qui menace "l'équilibre et la souveraineté des peuples caribéens", rappelant le lourd passif des interventions américaines dans la région (Panama, Grenade, Haïti...).
Les socialistes de Guadeloupe, tout en rappelant leurs critiques envers le régime Maduro, condamnent "ce coup de force contre un pays souverain de la Grande Caraïbe", y voyant une volonté de "captation" des immenses réserves pétrolières du pays. Des organisations comme le CIPPA et le FKNG expriment leur "soutien total" au peuple vénézuélien et à son président, dénonçant un "acte de guerre" et "l'impérialisme américain".
Pertes de souveraineté et risques de déstabilisation en Caraïbe
Au-delà des principes du droit international, les élus et associations alertent sur les conséquences concrètes pour la région. Ils craignent une instabilité politique et sécuritaire accrue, des risques migratoires amplifiés et une fragilisation des équilibres économiques déjà précaires dans les territoires insulaires.
"La Caraïbe garde la mémoire des interventions américaines... À chaque fois, les mêmes discours. À chaque fois, des peuples durablement marqués", souligne le sénateur Théophile. La région se sent une nouvelle fois traitée comme une zone d'influence et un "terrain d'expérimentation" pour les rapports de force entre grandes puissances, au mépris de sa propre souveraineté.
Crise aérienne : quatre liaisons transatlantiques annulées, d'autres réacheminées
L'impact de la crise est immédiat sur la mobilité. Par mesure de précaution, l'espace aérien vénézuélien a été fermé aux aéronefs français. Cela a entraîné l'annulation pure et simple de quatre liaisons transatlantiques au départ de Paris ce matin : deux vols Air France vers Fort-de-France et Pointe-à-Pitre, ainsi que deux vols vers Sint Maarten.
Les autorités françaises (Préfectures de Guadeloupe, Martinique, et Saint-Barthélemy et Saint-Martin) et la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) ont rapidement réagi. Le survol du Venezuela étant interdit, les compagnies françaises sont autorisées à maintenir les liaisons à condition d'emport supplémentaire de carburant pour effectuer un détour. Le trafic régional intra-caraïbe est, quant à lui, maintenu. Les voyageurs sont invités à contacter directement leur compagnie aérienne.
Un appel à la désescalade et au respect du droit international
Face à cette escalade, les voix guadeloupéennes appellent la France, l'Union européenne et les instances internationales à condamner clairement cet acte et à œuvrer à la désescalade. Ils réclament un retour au principe fondamental du respect de la souveraineté des peuples et du droit international, qui "n'est pas un outil à géométrie variable".
Pour les territoires caribéens, cette crise est un rappel brutal de leur vulnérabilité géopolitique. Alors que s'ouvre une période d'incertitude majeure pour le Venezuela, ils s'inquiètent des répercussions durables sur la paix et la stabilité de leur propre espace régional, plaidant pour que "la Grande Caraïbe [mérite] la paix, le respect et la souveraineté. Pas la loi du plus fort."
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