Local News

Des carnavaliers défendent l’esprit du mas

07 January 2026

Par Bérengère MERLOT [email protected]

Loko La dans les artères de Pointe-à-Pitre, dimanche 4 janvier.
Loko La dans les artères de Pointe-à-Pitre, dimanche 4 janvier. • © DOMINIQUE CHOMEREAU-LAMOTTE

Entre sidération, indignation et attachement viscéral au mas, des carnavaliers refusent l'amalgame et interrogent une insécurité plus large, qui fragilise l'esprit du carnaval sans en altérer la portée culturelle et collective.

Dimanche 4 janvier, un coup de feu a fait
taire les tambours du carnaval. En marge de la fête, les festivités
ont brutalement été interrompues. Deux jours plus tard, le choc
demeure, d'autant plus que l'édition 2025 avait été endeuillée par
la mort par arme blanche de Kimaël Ouikede, 16 ans, et que les mots
plus jamais ça avait résonné. Alors que la sécurité du
carnaval se prépare depuis des mois, ce drame pose de front la
question de l'insécurité globale qui règne dans notre société. Des
carnavaliers témoignent, entre lucidité, colère contenue et volonté
de préserver l'esprit du carnaval.

« Les groupes de carnaval sont très
solidaires »

Une carnavalière depuis 17 ans explique que
l'insécurité n'est pas liée au carnaval qui se veut, par essence,
un profond moment de joie. « Au sein de mon groupe, je me sens
parfaitement en sécurité. On est bien encadrés et disciplinés. Si
on lève des barrières, c'est pour mettre le groupe en sécurité. Si
un chemin est bouché, on prend un autre chemin. On fait le
mas avec un esprit positif. Je déplore le fait qu'on
incrimine le carnaval alors que cette violence est en marge du
carnaval. Toute l'année, il...