Local News

Deux ans de prison, dont un an ferme, pour le chauffard ayant foncé sur des carnavaliers

05 February 2026

Condamné en comparution immédiate, le chauffard qui a foncé sur la foule lors du défilé des Abymes a écopé de deux ans de prison, dont un an ferme. Cet incident a conduit à l'interdiction des deux-roues pendant le carnaval.

L'incident s'est produit dimanche dernier, alors que le célèbre groupe carnavalesque Akiyo regagnait son local de Chauvel, suivi par une foule dense et de nombreux deux-roues. Les policiers présents pour sécuriser l'événement repèrent rapidement un scooter dont la conduite est dangereuse. Le conducteur, Déwign S., 33 ans, venait déjà de bousculer des carnavaliers avec son engin. Un agent de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) tente de l'intercepter en l'attrapant par le bras. Face à lui, le trentenaire le regarde, se débat et accélère délibérément. Il prend alors la direction de la foule en train de défiler, zigzague entre les participants, prend la route à contresens, traverse un terre-plein et finit par percuter des piétons dans sa course folle.

Les forces de l'ordre finissent par le rattraper, mais l'individu, plaqué au sol, résiste violemment. Il ne se calmera qu'après l'usage d'un pistolet à impulsion électrique (taser). Les constatations qui suivent sont sans appel : le prévenu conduisait en état d'ivresse manifeste, sans casque et sans assurance. À la barre, il a tenté de se justifier en affirmant : " Je n'ai pas reconnu la police ". Une affirmation qui n'a pas convaincu le tribunal, lui rétorquant : " Pourtant tout le monde savait sauf vous ". Déjà connu pour des délits routiers graves, le mis en cause a finalement reconnu son erreur.

Un verdict ferme pour préserver l'esprit du carnaval

Lors de l'audience, le Parquet a rappelé l'importance de l'événement et la nécessité de le protéger : " Le carnaval est une fête importante, il rythme la Guadeloupe mais aussi les forces de sécurité, constamment mobilisées durant cette période pour éviter des drames ". Il a également souligné que de tels actes de violence dissuadaient certains spectateurs de participer aux festivités. L'avocat de la défense a, quant à lui, mis en avant le parcours difficile de son client, sans emploi et livré à lui-même depuis le décès de ses parents, plaidant pour une sanction adaptée.

Après délibération, les juges ont rendu un verdict ferme. Ils ont condamné Déwign S. à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme avec maintien en détention. À sa sortie, il devra effectuer 140 heures de travaux d'intérêt général, suivre une obligation de soins et dédommager les victimes de son acte. Son scooter a été confisqué. Cet incident est directement à l'origine de l'arrêté préfectoral pris cette semaine, interdisant la circulation des deux-roues motorisés dans les rues des défilés jusqu'au 19 février, afin de prévenir tout nouveau drame durant la saison carnavalesque.