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Dr Bruno Jarrige :  «Il faut aussi aider le CHUG à ne pas aggraver les choses en amenant des virus dans l’hôpital»

16 January 2026

La Guadeloupe est en phase épidémique de grippe. Les indicateurs sanitaires ont grimpé en flèche. Ce vendredi le centre hospitalier universitaire (CHU) de Guadeloupe a déclenché le plan blanc, qui permet d'organiser la prise en charge des patients en cas de crise. Le plan de mobilisation interne avait été activé le 31 décembre. Face au nombre de passage aux Urgences qui a doublé à cause de la mobilisation des médecins libéraux et de la grève aux Eaux Claires, Dr Bruno Jarrige, chef de pôle au CHU, lance un appel au soutien aux établissements de santé.

Pourquoi l'hôpital est-il en crise ? 

Tout simplement parce que l'épidémie de grippe, comme tous les ans est là et on approche du pic. Il y a  beaucoup de malades. Et on conjugue à ça la grève des médecins libéraux et la grève aux Eaux claires. Donc forcément, le flot de malades arrive au CHU qui ne peut pas les absorber. Il faut faire de la place.

Vous avez donc déclenché le plan blanc. Qu'est-ce que cela implique ?

C'est-à-dire qu'on en arrive au stade, où on déprogramme les patients pour faire de la place pour les patients qui arrivent, des patients qui avaient des rendez-vous la semaine prochaine vont être décalés le temps que la crise passe. Ça dépendra du virus et des mouvements sociaux.

Apparemment, la grève des médecins devrait prendre fin...

Oui, donc ça devrait un peu nous aider. Et puis des Eaux claires, on va voir combien de temps ça va encore durer.

Appeler le 15 avant de venir au CHUG

Vous avez eu des réunions de crise avec le Conseil médical et l'ARS (ce vendredi). Qu'est-ce qu'il en est ressorti ?

On a demandé à tous les établissements de la Guadeloupe,  d'aider le CHU et le CHBT, à fluidifier l'aval, c'est-à-dire à faire des sorties. A chaque fois que c'est possible, un patient quitte le CHU pour faire de la place pour les malades qui arrivent.

Pourquoi alerter la population ?

Pour dire à la population, que le CHU se concentrait vers l'épidémie de grippe, le temps que la vague passe. Malheureusement, vu le nombre de patients à prendre en charge, on a des déprogrammer des malades pour faire de la place.

Combien de patients en plus ?

Au CHU de la Guadeloupe, il y a beaucoup plus de malades qui passent aux urgences, toutes pathologies confondues. D'habitude,150 patients vont habituellement aux Eaux claires. Maintenant, ils se rajoutent au CHU. C'est compliqué, on est à plus de 250 passages jour. On demande aux patients d'appeler le 15 avant de venir aux Urgences. On est donc sûr qu'arrivent aux urgences que les malades qui ont besoin. C'est la première consigne : on ne vient pas aux urgences sans appeler le 15, pour valider ou pas l'arrivée aux urgences.

Il y d'autres consignes dans ce contexte de crise ? 

La deuxième, c'est qu'on déprogramme les patients, avec tous les collègues et la troisième, c'est qu'avec le territoire, avec les autres établissements de santé, on essaie de sortir tous les patients qui sont capables de quitter le CHU vers d'autres établissements moins lourds. On est en train de réguler tout ça pour faire de la place pour que tous les gens qui arrivent aux Urgences puissent être couchés quand ils ont besoin d'être couchés.

Un appel au secours ? 

Comment éviter la propagation ?

Dans cette période, il faut aussi aider le CHUG à ne pas aggraver les choses en amenant des virus dans l'hôpital. On demande aussi à la population de limiter les visites. Elles sont autorisées, mais il ne faut pas qu'il y ait trop de monde, comme souvent c'est le cas. Il faut venir à 1 ou 2 maximum, et il faut venir  avec un masque. Si ils n'en ont pas, on leur en donnera un. Beaucoup d'entre nous, on a le virus, sans le savoir, on n'est pas forcément symptomatique. Il faut éviter d'emmener le virus quand on visite un malade qui est là pour autre chose que la grippe. Ce n'est pas le moment qu'il l'attrape en plus. Tous les gens, les soignants, on est masqués et les visiteurs aussi masqués pour diminuer le risque, la transmission.

Le vaccin est toujours efficace à ce stade ?

Il est toujours le temps de se faire vacciner. La vaccination est toujours recommandée, jusqu'à la fin du mois de janvier et voire même jusqu'à mi février. La grippe, tous les ans, c'est la même chose, ça commence en décembre et ça finit début mars.

Les gens sont réticents. A quoi cela est dû ?

C'est difficile de faire changer d'avis des gens qui ont, depuis le Covid, sont encore plus réticents à se faire vacciner. Le vaccin a surtout pour objectif de diminuer les formes graves. Quand on est vacciné, ça n'empêche pas de faire une grippette. Mais on ne fait pas de formes graves et on n'a pas besoin de venir à l'hôpital.

Les établissements de santé et en particulier le CHUG, font face à une augmentation des passages aux urgences liés aux infections respiratoires aiguës.  Shutterstock
Les établissements de santé et en particulier le CHUG, font face à une augmentation des passages aux urgences liés aux infections respiratoires aiguës.  Shutterstock
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Qui peut vacciner ?

Les pharmaciens, les sages-femmes, les infirmiers libéraux, toutes ces professions sont depuis plusieurs années habiliter à vacciner la population, à prescrire et à vacciner. Toutes les pharmaciens, non seulement sont capables de vacciner, mais sont aussi capables de faire un test pour voir si la personne a une grippe ou pas.