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Ebola en RDC : un variant sans vaccin ni traitement déclenche le deuxième niveau d’alerte mondial

17 May 2026
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché ce dimanche 17 mai son plus haut niveau d’alerte (hors pandémie) face à une épidémie d’Ebola qui frappe la province d’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

Le foyer épidémique se situe dans la province aurifère d’Ituri, une zone frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Cette région connaît d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière, ce qui accélère naturellement la dispersion du virus. Au 16 mai, l’OMS avait confirmé huit cas en laboratoire, recensé 246 cas suspects et 80 décès suspects. Un nouveau cas a été confirmé ce dimanche 17 mai à Goma, ville qui abrite un aéroport international, ce qui augmente le risque d’exportation plus lointaine. Le variant Bundibugyo n’avait provoqué que deux épidémies dans le monde jusqu’ici : en Ouganda en 2007 (42 morts sur 131 cas confirmés) et en RDC en 2012 (13 morts sur 38 cas confirmés). Sa dangerosité est réelle mais encore mal connue.

Face à la gravité de la situation, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que le virus constitue une « urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI). Ce niveau d’alerte, le plus élevé du Règlement sanitaire international avant l’introduction en 2024 d’un degré supérieur (urgence due à une pandémie), n’avait pas été activé pour Ebola depuis plusieurs années. La dernière fois qu’il l’avait été, c’était en 2022 et 2024 pour des flambées de variole du singe. Cette décision repose sur plusieurs critères : la gravité de l’épidémie, le risque de propagation internationale, l’absence de vaccin et de traitement curatif pour ce variant, et la mobilité des populations dans une région frontalière.

Des recommandations non contraignantes mais urgentes

L’activation de l’USPPI s’accompagne de recommandations temporaires, valables trois mois. L’OMS insiste notamment sur :

- la mobilisation des communautés : chefs locaux, religieux, guérisseurs doivent être impliqués dans l’identification des cas, le traçage des contacts et la sensibilisation ;

- le renforcement des contrôles dans les établissements de santé, sur les routes et aux frontières ;

- la surveillance épidémiologique accrue dans les pays voisins (Ouganda, Soudan du Sud, Rwanda, Burundi, Tanzanie).

Un comité d’urgence se réunira prochainement pour formuler de nouvelles recommandations.

Un virus sans traitement, une course contre la montre

Ebola se transmet par les fluides corporels. Sans vaccin ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo, la lutte repose sur les mesures classiques : isolement des malades, traçage des contacts, hygiène stricte, enterrement sécurisé des défunts. Le taux de létalité de cette souche peut atteindre 50 %, contre 25 à 90 % pour d’autres variants lors d’épidémies précédentes. L’OMS craint que la situation ne se dégrade rapidement. Les pays voisins sont considérés comme présentant un « risque élevé de propagation » en raison des échanges commerciaux, des migrations et des incertitudes épidémiologiques.