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Édith Lacrosil : une vie d’exil sans mode d’emploi

07 January 2026

Par Stéphanie VÉLIN [email protected]

Édith Lacrosil lisait beaucoup de récits sur l'histoire de France. Elle a aussi beaucoup voyagé à travers la France.
Édith Lacrosil lisait beaucoup de récits sur l'histoire de France. Elle a aussi beaucoup voyagé à travers la France. • FRANÇOISE FOULON

Elle a quitté la Guadeloupe au début des années 1920, bien avant les migrations organisées vers l'Hexagone. Édith Lacrosil a ouvert un chemin que sa fille, Françoise Foulon, retrace en revenant en Guadeloupe.

À l'hiver 1923, Édith Lacrosil embarque pour la
France, la métropole comme on disait à l'époque. La
Saint-Claudienne n'a que 19 ans. Son geste est radical. Nous sommes
loin des réseaux, loin de Paris comme horizon habituel, loin même
du Bureau pour le développement des migrations (Bumidom) qui a
transplanté les forces vives antillaises de 1963 à 1982. Et
pourtant, déjà à cette époque, une cohorte de jeunes femmes
quittent leurs Antilles natales pour suivre des familles,
s'installer chez elles en tant que da (nourrice) ou domestique.

La vie n'habite plus là

Édith Lacrosil en fait partie. Elle suit une
famille qui repart en métropole, pour être « petite
bonne », laissant derrière elle une fratrie nombreuse, neuf
frères et sœurs, presque tous ses cadets, une mère décédée et un
père absent relégué au plan de géniteur. Dans ce portrait, la
Guadeloupe n'est peut-être plus un refuge, mais ce départ n'a pour
autant rien d'un voyage vers le pays de ses rêves,...