Fête de la musique: LFI accuse de “mensonge” le gouvernement après l’interdiction de son concert
Des invités "qui ont tenu par le passé des propos injurieux notamment à l'encontre des forces de l'ordre"? La France insoumise a accusé jeudi le gouvernement de "mentir" dans son soutien de la décision du préfet de police de Paris d'annuler le concert prévu par LFI dimanche pour la Fête de la musique.
"La préfecture de police de Paris est dans son rôle, elle constate des risques de trouble à l'ordre public du fait d'invités qui ont tenu par le passé des propos injurieux notamment à l'encontre des forces de l'ordre", a appuyé jeudi matin la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV-RMC.
"La porte-parole de l'autoritarisme ment allègrement à la télévision", a rétorqué le coordinateur de LFI Manuel Bompard, alors que les Insoumis ont annoncé avoir saisi le tribunal administratif pour faire annuler cette décision.
Selon l'arrêté pris par la préfecture, "cet événement devrait accueillir notamment le Comité Adama et sa fondatrice Assa Traoré, les rappeurs Médine et Soso Maness".
Or, selon le programme annoncé par La France insoumise, aucun des trois n'était à l'affiche des concerts, qui doivent se tenir dimanche place de la République à Paris de 18H00 à minuit, à l'issue d'une marche contre le racisme à laquelle appelle LFI.
"La présence de Soso Maness a été évoquée mais ni lui ni Médine ne sont prévus" à la Fête de la musique insoumise, indique à l'AFP une source LFI.
Médine et Assa Traoré sont proches de La France insoumise et interviennent régulièrement dans des événements LFI.
Le rappeur havrais, au centre de plusieurs polémiques, était ainsi présent mercredi soir à Strasbourg à un "meeting-concert" en soutien à la Palestine avec les élus insoumis Manon Aubry, Rima Hassan et Bally Bagayoko.
Renaud, Brassens ou NTM
"Si par ailleurs on devait appliquer la logique de cet arrêté en interdisant les artistes dont les propos déplaisent au gouvernement, il faudrait faire annuler tous les concerts avec du Renaud, du Brassens ou du NTM", des artistes engagés, a encore assuré Manuel Bompard.
"Quand bien même il y aurait Médine et le comité Adama, ni l'un ni l'autre ne sont des motifs d'annulation", a ajouté le député et cadre insoumis Antoine Léaument.
La préfecture a également estimé que "l'événement risque d'attirer un public particulièrement hostile aux forces de l'ordre" et se tient "dans un contexte politique très polarisé".
Ces concerts organisés par La France insoumise, qui assume de politiser l'événement festif qu'est la Fête de la musique, ont été annoncés dimanche soir.
Dans la foulée, le maire PS de Paris Centre Ariel Weil, farouche opposant de LFI, avait épinglé un "projet irresponsable" et une "récupération à des fins politiques d'un événement festif".
"Ce concert est légal mais est-il pertinent pour la démocratie? Aucun parti politique ne devrait pouvoir détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser", avait pour sa part déclaré le président du CRIF, Yonathan Arfi.
Ce dernier "s'est fixé publiquement comme objectif de +rendre résiduelle l'influence politique de LFI+", a dénoncé Manuel Bompard.
Les autorités avaient été notifiées par LFI de leur volonté d'organiser cet événement le 21 avril et le 5 mai 2026.
Contacté par l'AFP, l'entourage du maire de Paris Emmanuel Grégoire n'a pas souhaité s'exprimer.
"Rien ne me paraît justifier une telle interdiction. Le principe même de la Fête de la musique, c'est la liberté", a pour sa part déclaré le sénateur et conseiller communiste de Paris Ian Brossat.
La France insoumise avait déjà organisé des concerts pour la Fête de la musique en 2025, sur les bords du canal Saint-Martin à Paris. Le rappeur Médine y était présent. Le rassemblement n'avait pas été annulé.
leo/jmt/asm

• Behrouz MEHRI
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