Finalement interpellé, le tireur, tout juste majeur, avait grièvement blessé un père et son bébé de 18 mois
Un jeune homme de 18 ans originaire de Baie-Mahault, qui avait blessé grièvement par balles en novembre 2025 un père et son bébé de 18 mois, a été interpellé la semaine dernière sur commission rogatoire par la Section de recherches de Pointe-à-Pitre, après avoir échappé à une première opération menée le 3 décembre 2025. C'est ce révèle le communiqué de la procureure de la République, Caroline Calbo.
Présenté à un juge d'instruction samedi 30 mai, il a été mis en examen pour tentative d'assassinat avant d'être placé en détention provisoire. Devant le magistrat instructeur, il a reconnu être l'auteur des tirs. Les faits remontent au dimanche 23 novembre 2025, vers 15 h 30, sur la route de Calvaire Sainte-Anne. Un couple venait de se stationner lorsque leur fils de 18 mois, installé à l'arrière du véhicule dans son siège auto, a été pris pour cible. Un autre véhicule s'est garé à proximité, d'où sont descendus cinq individus au visage dissimulé. L'un d'eux, armé d'un fusil, s'est approché de la voiture des victimes en évoquant des produits stupéfiants qui lui auraient été dérobés. Il a alors tiré deux coups de feu, blessant grièvement le père et l'enfant, ce dernier atteint d'une balle en pleine tête. Les autres auraient ensuite fait usage d'armes de poing.
De très graves blessures par balles
Le nourrisson a été atteint par des plaies balistiques à la tête, son pronostic vital a été engagé. Il a dû être transféré en Martinique le 27 novembre avant de pouvoir réintégrer le cercle familial le 19 décembre. Le père, touché à l'œil gauche, a perdu cet œil et n'a pu regagner son domicile qu'à compter du 12 décembre 2025. Presque en même temps que le tireur ainsi interpellé, un jeune homme de 25 ans a également été arrêté. Il a lui été jugé dès ce lundi 2 juin en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour trafic de stupéfiants et détention non-autorisée d'arme. Il a été condamné à 42 mois d'emprisonnement. (Cf compte rendu d'audience).
Trafiquant de stupéfiants : armé lors de son interpellation, il retourne en prison
«J'étais un peu craintif. C'était pour me défendre ». C'est par ce ressenti subjectif et par cet argument très fréquemment utilisé dans cette enceinte judiciaire que Marcus Coudrieu explique avoir été porteur d'un pistolet Glock semi-automatique, de calibre 9 millimètres, muni d'un chargeur de dix balles dont l'une chambrée. Une arme modifiée lui ayant coûté 1 500 euros, selon ses dires. À laquelle il a rajouté la visée laser. Les gendarmes interpellent un autre individu soupçonné de tentative de meurtre sur un père et son fils de 18 mois. C'est parce qu'il fait partie des connaissances proches de ce dernier que le prévenu est arrêté. Lui tombe pour un trafic de stupéfiant courant du premier janvier 2023 au 28 mai dernier. Mais à l'occasion de son arrestation, son arme est découverte.
Ancré dans la délinquance
À l'audience, le ministère public indique avoir reçu un mail du service pénitentiaire de probation et d'insertion qui mentionne un manque de régularité dans ses convocations alors qu'il est en sursis probatoire. Le juge d'application des peines, dans un second message, déclare être favorable à la révocation de trois précédents sursis. La procureure enchaîne par ses réquisitions avec fermeté, en insistant sur l'inquiétude qu'inspire le prévenu, ancré dans la délinquance. « Je demande une peine ferme à deux ans d'emprisonnement avec maintien en détention, assorti d'une révocation de deux précédents sursis », requiert-elle. Son avocate, Maître Johanne Dahomais, souligne qu'il est vrai que son client a subi toute une série de condamnations depuis son plus jeune âge : « Certes, il s'est consacré rapidement au trafic de stupéfiants, pour aider ses proches en difficulté. Malgré cela, il a suivi plusieurs formations, et il se bat à travers des petits jobs pour exister aux yeux de la société », plaide-t-elle. Après en avoir délibéré, les trois juges l'ont condamné à deux ans d'emprisonnement, auxquels ils ont ajouté dix-huit mois d'emprisonnement de la révocation d'un précédent sursis. Soit une peine totale de quarante-deux mois d'emprisonnement, avec maintien en détention.

• R.G.