Guadeloupe en alerte grippe : une épidémie d’une intensité inédite depuis 2009
La saison grippale 2026 bat des records alarmants en Guadeloupe. Les indicateurs de surveillance, tant chez les médecins généralistes qu'aux portes des urgences, ont atteint des niveaux jamais vus depuis plus de quinze ans.
Le constat des autorités sanitaires est sans appel : la Guadeloupe traverse une épidémie de grippe d'une intensité exceptionnelle. Les données de la semaine 2026-03 sont éloquentes : le réseau des médecins sentinelles a enregistré 2 260 consultations pour des syndromes grippaux cliniquement évocateurs. Si ce chiffre marque une stabilisation, il reste près de deux fois supérieur aux niveaux observés début janvier. Avec une moyenne de 2 360 cas hebdomadaires sur les deux dernières semaines, l'archipel n'avait pas connu pareille affluence en cabinets médicaux depuis l'année 2009, année marquée par la pandémie de grippe H1N1.
Cette vague se répercute directement sur l'hôpital. La pression aux urgences du CHU a encore grimpé la semaine dernière, avec 232 passages pour symptômes grippaux, contre une moyenne de 191 les semaines précédentes. Ces patients représentent ainsi près de 10% de l'activité totale des urgences depuis le début de l'épidémie. Un impact massif qui désorganise les services et alourdit la charge de travail des soignants. Le nombre d'hospitalisations directes pour grippe se maintient à un niveau élevé, avec 20 admissions enregistrées la semaine dernière.
Un bilan humain lourd : réanimations et décès
Derrière les chiffres bruts, l'épidémie a un visage humain tragique. Depuis son démarrage, la grippe a déjà nécessité la prise en charge de 22 patients en services de réanimation ou de soins intensifs du CHU de Guadeloupe, signe de la sévérité des cas. Malheureusement, le virus a déjà provoqué trois décès, rappelant que la grippe reste une infection potentiellement mortelle, notamment pour les personnes fragiles. Les analyses virologiques confirment la prédominance du virus de type A, dont le taux de positivité se maintient à un niveau significatif de 28%.
L'épidémie touche également les îles du Nord, mais avec une intensité variable. Saint-Martin connaît une forte augmentation des cas cliniques en médecine de ville, signalant une circulation active du virus. À Saint-Barthélemy, les indicateurs sont également en hausse. Une lueur d'espoir toutefois : dans ces deux territoires, l'impact sur les hôpitaux reste pour l'instant limité, et l'offre de soins n'est pas encore saturée.
Face à cette épidémie record, les autorités sanitaires rappellent l'importance cruciale des gestes barrières (port du masque en cas de symptômes, lavage des mains, aération) et insistent sur la vaccination, qui reste le meilleur moyen de se protéger des formes graves, notamment pour les personnes à risque. La population est invitée à la plus grande vigilance.
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