Haïti en crise : une flotte de guerre américaine entre dans la baie de Port-au-Prince
Alors que le pays est plongé dans une crise politique et sécuritaire sans précédent, trois navires militaires américains, dont un destroyer lance-missiles, ont fait leur entrée dans la baie de Port-au-Prince.
L'ambassade des États-Unis en Haïti a annoncé, mardi 3 février, l'arrivée de plusieurs navires de guerre dans les eaux de la capitale haïtienne. Ce déploiement, ordonné par le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, s'inscrit dans le cadre de l'opération " Southern Spear ". La force navale est composée du destroyer USS Stockdale, du cutter USCGC Stone et du navire de surveillance USNS Diligence. Dans un communiqué publié sur le réseau X, l'ambassade américaine a affirmé que " leur présence reflète l'engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d'un avenir meilleur pour Haïti ".
L'arrivée de ces bâtiments de guerre survient dans un contexte haïtien extrêmement tendu. Le pays est en proie à une violence gangréneuse endémique, où des bandes armées sèment la terreur à travers des meurtres, des enlèvements, des viols et des pillages. Parallèlement, l'horloge politique tourne dangereusement. Le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l'instance dirigeante actuelle, doit officiellement expirer le 7 février, soit dans quelques jours, plongeant le pays dans une profonde incertitude institutionnelle. Les États-Unis ont récemment accentué la pression en annonçant de nouvelles restrictions de visas ciblant des membres du CPT, accusés de soutenir les gangs criminels.
Un objectif affiché : la sécurité régionale et la lutte antidrogue
Si le message diplomatique met en avant le soutien à Haïti, le déploiement s'inscrit aussi dans une stratégie régionale plus large de lutte contre le trafic de stupéfiants. Le destroyer USS Stockdale fait partie d'une armada américaine patrouillant dans les Caraïbes pour intercepter les flux de drogues. Cette opération navale survient un mois après un coup de filet retentissant : la capture à l'étranger et le transfert à New York du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, jugé pour trafic de drogue par la justice américaine. Cet événement avait déjà signalé la volonté de Washington de durcir son approche en matière de sécurité dans l'hémisphère.
Pour les autorités américaines, cette présence militaire est un signal fort d'assistance à un État en déliquescence. Elle vise potentiellement à sécuriser les abords maritimes de la capitale et pourrait servir de plateforme logistique ou de dissuasion. Cependant, la vue de navires de guerre étrangers dans la baie de Port-au-Prince soulève inévitablement des questions sur la souveraineté d'Haïti, ancienne colonie française et première république noire indépendante, aujourd'hui incapable d'assurer sa propre sécurité. Ce déploiement illustre l'impasse dramatique dans laquelle se trouve le pays, dépendant d'une aide extérieure massive, y compris militaire, pour tenter de contenir l'effondrement de l'ordre public.
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