Haïti : Washington déploie un navire de guerre à l’approche de la transition
Jacques Vilus

À trois jours de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition, la tension monte d'un cran à Port-au-Prince. Pour sécuriser cette échéance incertaine du 7 février, les États-Unis ont dépêché, ce mardi, le destroyer USS Stockdale dans la baie de la capitale.
L'image est forte et le message diplomatique sans équivoque. Depuis mardi, la silhouette grise de l'USS Stockdale se découpe au large de Port-au-Prince. L'arrivée de ce navire de guerre de l'US Navy, confirmée par le Commandement Sud des États-Unis (Southcom), marque un durcissement du dispositif américain autour d'Haïti. Le destroyer ne vient pas seul. Il rejoint une armada déjà constituée de deux bâtiments des garde-côtes, l'USCGC Stone et l'USCGC Diligence, déjà positionnés en sentinelles. Selon le communiqué officiel de l'armée américaine, ce déploiement vise à garantir “ la sécurité et la stabilité “ d'un pays au bord d'un nouveau saut dans le vide politique.
Le spectre du 7 février
Ce déploiement intervient dans un climat d'extrême volatilité. Ce samedi 7 février 2026, date symbolique et constitutionnelle en Haïti, marque la fin théorique du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), installé en 2024. Or, la feuille de route est loin d'être remplie : aucun président n'a été élu et l'identité de la nouvelle direction du pays reste, à cette heure, une inconnue totale. Le vide institutionnel est aggravé par les récentes manœuvres politiques. L'arrivée de l'US Navy répond directement à l'instabilité provoquée la semaine dernière. Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a voté pour la destitution du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une manœuvre jugée illégitime par Washington et qui n'a pas abouti au départ effectif du chef du gouvernement. En réaction à cette tentative de passage en force, les États-Unis ont immédiatement sanctionné trois des cinq membres du Conseil présidentiel.
“ Leur temps est écoulé “
Sur le terrain, la pression politique s'ajoute à la menace sécuritaire des gangs. Antoine Rodon Bien-Aimé, ancien député, se fait le porte-voix d'une classe politique à bout de patience : “ Ils n'ont pas obtenu de résultats, ils n'ont pas respecté leur accord. Ils doivent partir “. Alors que des élections sont théoriquement prévues pour cet été, la présence de l'US Navy dans la rade de Port-au-Prince sonne comme un ultime avertissement : Washington ne tolérera pas de débordements majeurs lors de la bascule de pouvoir prévue ce week-end.
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